Gendarmes Et Citoyens

Créé le 1er avril 2007
 
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 Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...

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clint
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MessageSujet: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 17 Mai 2012 - 0:11

Rappel du premier message :

M. Manuel VALLS vient tout juste d'être nommé ministre de l'Intérieur.
Gageons qu'il est déjà au travail.
En attendant de connaître ses prochaines décisions, voici un lien pour découvrir rapidement son parcours, ses idées, ses aspirations :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_Valls#Biographie
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clint
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mar 26 Juin 2012 - 0:23

C'est curieux comme il faut lire plusieurs médias pour avoir connaissance des nombreuses déclarations faites aujourd'hui par M. Valls...

http://www.lepoint.fr/societe/valls-bannit-les-controles-abusivement-repetes-25-06-2012-1477396_23.php

" [...........] "Je veux passer d'une politique du chiffre à une exigence de sécurité pour tous les Français", a déclaré le ministre devant les jeunes commissaires de la 62e promotion de l'École nationale supérieure de police à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (Rhône).

Selon Manuel Valls, pour "la direction des services, (il faut) savoir fixer des objectifs de travail et d'action" et cela "nécessite la mise en place d'indicateurs (pour) orienter les équipes". Mais le ministre "souhaite abandonner certains travers statistiques", a-t-il ajouté, stigmatisant notamment "le chiffre unique" de la délinquance globale.
[.............]
Il commandera également "un audit des pratiques statistiques actuelles". "Je veillerai à ce que les propositions soient parfaitement compatibles pour être intégrées aux statistiques judiciaires", a-t-il encore dit, regrettant que, "trop souvent, ces dernières années, les institutions policière et judiciaire (aient) été opposées l'une contre l'autre".

Aussi, "afin de consolider l'autorité de l'État, la garde des Sceaux et moi souhaitons que ces relations soient apaisées et constructives", a-t-il ajouté.
Manuel Valls a demandé aux commissaires de veiller à ce que les policiers "ne manifestent pas de défiance - contre-productive - à l'égard des décisions de justice, même si, élu de la banlieue parisienne, (il) n'ignore pas que certaines d'entre elles peuvent parfois choquer".


http://www.leparisien.fr/faits-divers/controles-d-identite-valls-veut-bannir-le-tutoiement-25-06-2012-2064875.php

" Des policiers qui tutoient les personnes dont ils contrôlent l'identité, Manuel Valls n'en veut plus. Le ministre de l'Intérieur appelle les fonctionnaires à bannir cette pratique.
[...........................]
Pour que «le rapport avec la population se fasse dans les meilleures conditions, a poursuivi le ministre de l'Intérieur, je veux bannir toute forme de familiarité et de tutoiement, qui dégradent la relation entre les forces de l'ordre et les citoyens. Quand cela existe, ça doit être sanctionné». "


http://www.liberation.fr/societe/2012/06/25/valls-appelle-les-nouveaux-commissaires-a-lutter-contre-le-delit-de-facies_828893

" Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a appelé lundi les policiers à bannir les contrôles d’identité «abusivement répétés ou réalisés sans discernement» susceptibles d'«alimenter le ressentiment d’une partie de la population».

S’ils sont «indispensables», «non motivés ou proportionnés, le risque fort existe que certains contrôles ne fassent qu’alimenter le ressentiment d’une partie de la population», a déclaré le ministre à l’Ecole nationale supérieure de la police de Saint-Cyr au Mont-d’Or, où il assistait à la sortie de la 62e promotion des commissaires.

«En tant que chefs de service, vous devrez veiller à proscrire les contrôles abusivement répétés ou réalisés sans discernement», a-t-il dit. «Il y a des comportements antisociaux à réguler ou à combattre mais seule la minorité des jeunes de nos quartiers qui en est responsable, doit en répondre.»

«Un débat public sur les contrôles d’identité existe. Nous ne pouvons l’esquiver. Vous pouvez compter sur moi pour (les) préserver en tant que moyens d’intervention au service d’une action policière légitime de lutte contre la délinquance», a-t-il ajouté avant d’insister auprès de la presse sur le fait que ces contrôles sont «indispensables».
[................] "


http://www.liberation.fr/societe/2012/06/25/des-zones-de-securite-prioritaires-creees-en-septembre_828995

" Le ministre de l’Intérieur Manuels Valls a annoncé lundi la création en septembre des premières zones de sécurité prioritaires -promesse de campagne de François Hollande-, où sévit une forte délinquance et où seront concentrés des moyens.
[..................]
Cette première vague concerne «une cinquantaine, peut-être soixante» zones, a-t-il dit à des journalistes dans l’avion qui le ramenait à Paris.

Elles «pourront concerner des cités sensibles soumises à des épisodes de violences urbaines, à l'économie souterraine qui mine les normes du pacte républicain, des centres-villes à la physionomie dégradée (par) des nuisances diverses, des zones péri-urbaines où se développent les cambriolages», a-t-il énuméré.

Il s’agit de «mettre en place une action de sécurité renforcée sur des territoires bien ciblés, caractérisés par une délinquance enracinée et de fortes attentes de la population».

«L’idée, c’est de mettre le paquet là où il faut, pour ce qu’il faut, avec souplesse, adaptation», a-t-il insisté, ajoutant qu’il était «possible que police et gendarmerie travaillent ensemble sur une même zone».

De telles zones concerneront «plusieurs quartiers contigus d’une même circonscription ou de circonscriptions différentes», a précisé l’entourage du ministre.

La mise en place des zones dépend «des arbitrages budgétaires et des créations de postes auditées cet été dans un contexte financier tendu», a-t-il toutefois reconnu. Il s’agira ensuite d'«expérimenter» le système, dont le «travail de suivi pourrait (relever) du Parlement», a-t-il aussi indiqué.

Le ministre a également insisté sur l’importance de disposer d’un «renseignement territorialisé, opérationnel sur la délinquance et la criminalité» et dit son intention de «revaloriser le travail des Sdig», les services départementaux du renseignement général.

Ce renseignement doit porter sur «les violences urbaines, les mouvements sectaires, et une meilleure remontée des informations de la détection de signaux faibles (relatifs) au terrorisme», a-t-il expliqué. "
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mar 26 Juin 2012 - 0:48

On prend les mêmes (mots) et on recommence.
Pas de tutoiement, ça avait déjà été entrendu dans la bouche du président Sarkozy dans une école de police.
Il faudrait déjà apprendre aux "Ziva" de ne pas tutoyer les policiers.
C'est sûr qu'avec des dirrectives comme ça on va faire avancer la sécurité des citoyens et des policiers.
Vraiment pas grand chose à proposer ce ministre.
Il y a de l'insécurité et on fonce sur les policiers pour leur dire comment travailler, pourquoi ne pas foncer sur les voyous et leur donner la leçon également.
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mar 26 Juin 2012 - 0:57

C'est vrai que ça commence fort !!

Moi je dis que quant on en est déjà rendu à faire ce type de proposition ou recommandation, on n'a pas grand chose à proposer...

Perso avant de demander aux flics de ne pas tutoyer la racaille, je lui aurais bien suggéré de se mettre en rapport avec Christiane TAUBIRA et de réflêchir à la ...responsabilité pénale des magistrats en vue de répondre de leurs actes lorsqu'ils prennent des décisions contraires aux intérêts de la Société ! J'me comprends !

Mais, rassurez-vous, ce n'est qu'un début : il se dit qu'il a dans ses cartons le retour du numéro de matricule (ou NIGEND) sur la tenue des FOD... !!!

Je crois que nous allons aller dans le bon sens...

Je n'attendais RIEN de ce ministre et, en cela, je ne serai jamais déçu !!

Pour les rêveurs qui ont "encore" cru au Père Noël, c'est l'heure du réveil !!

Et pour ceux qui penseraient à tort que mon discours est politisé, je les rassure tout-de-suite : en 2017, lorsque vous en aurez eu marre de cette Gauche laxiste plus prompte à taper sur les flics que sur les voyous et que vous vous jeterez, corps et bien, vers un beau-parleur de Droite, priant pour plus de sécurité et de Justice, vous serez encore dans les contes des 1000 et 1 nuits...

La politique, c'est l'art de manipuler les masses...

Quant vous avez compris cela, vous avez tout compris...


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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mar 26 Juin 2012 - 11:32

pour le crotale!!!


M.Valls: Avec des déclarations pareils (tutoiement, récépissé de controle...), la présomption de culpabilité des gendarmes et des policiers est en marche!!!

Puisque que la gauche prône l'équité et la justice pour tous et puisque c'est noël pour les délinquants , dans ce cas, moi en tant que gendarme: je demande :

-Un avocat de permanence dédié au FOD disponible 24/24 par parquet et un service conseil juridique disponible 24/24 également.

-l'Obligation à la cellule communication de la Gendarmerie d'intervenir immédiatement dans les médias à l'instar des syndicats de police lors de mise en cause d'un membre des FOD.

-La garantie du versement de ma solde même en cas de mise en examen ou de suspension , avec conservation de mon logement de fonction.

-Des dédommagements automatiques et forfaitaires en cas de non culpabilité lors d'une mise en examen d'un membre des FOD.

-La présomption de légitime défense pour les FOD.

-La reconnaissance de la responsabilité pénale des magistrats en cas de verdict dont les conséquences mettent la société en danger (cf Le crotale).

-Et plus matériellement, la possibilité d'utiliser les armes non létales sans être bridé par tout un tas de circulaires gendarmerie qui contraignent fortement leur utilisation ( cf circulaire du Taser, Du LBD 40 etc...)

-La fourniture d'une camera individuelle (par membre de FOD) comme dans certains pays pour filmer les interventions et les patrouilles.

-La fourniture de moyens individuels radios reliés au CORG en permanence et qui fonctionnent partout!!!

-Je suis mobile mais fait de plus en plus de DSI au profit des camarades GD et je demande la fin de ces Put**** de COB pour reconstituer de plus grosses unités centralisées et sectorisées au coeur de la circo pour permettre le regroupements des moyens humains et materiels en conséquence et de pouvoir permettre la répartition du travail en équipe PJ-équipe intervention-équipe accidents etc...

Voilà en vrac mes premières demandes en début de ce nouveau mandat du père noel... Il y en aura plein d'autres à venir : concernant le RH, le rythme d'emploi, l'instruction et la formation en unité, le retour au coeur du métier, l'articulation du commandement (pour que chacun prenne ses responsabilités...), la rationalisation de l'emploi et de la formation de certains officiers dans des bureaux fantômes etc... (et oui avec la gauche il parait que c'est aussi aux classes du haut de se remettre en cause et de participer à l'effort collectif...)

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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mer 27 Juin 2012 - 21:48

Sur l'air de la chanson des "crayons" de Bourvil dont les anciens se souviennent :
" elle vendait des cartes postales, puis aussi des crayons...",
ne pourrait-on pas résumer les dernières annonces de M. Valls ?

Il excluait toute régularisation massive des sans papiers,
mais il promettait un nouveau titre de séjour de trois ans,
puis aussi... plus de naturalisations ...


http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/06/27/01016-20120627ARTFIG00507-valls-n-augmentera-pas-le-nombre-de-regularisations.php
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mer 27 Juin 2012 - 21:59

J'ai pu dire ce que j'en pensais en fin d'interview:
http://www.yvelinesradio.com/radio/
ou
http://www.yvelinesradio.com/infos_all/affichage_all_01_489716576612_24440.html
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Lun 2 Juil 2012 - 11:38

MEDIAPART.


Police: Manuel VALLS, "ne veut rien imposer"!

PAR LOUISE FESSARD
ARTICLE PUBLIÉ LE DIMANCHE 1 JUILLET 2012

«Rien ne se fera sans vous». C’est porté par cette conviction que Manuel Valls, le ministre de l’intérieur a, tout au long d’une semaine dédiée à la tournée des promotions de nouveaux diplômés de la police, commencé à dévoiler sa feuille de route en matière de sécurité. Revendiquant son titre de «premier flic de France», Manuel Valls a rappelé jeudi lors du congrès de l’Unsa Police (troisième syndicat de gardiens de la paix), à Dreux, qu’un de ses premiers gestes de ministre fut d’accrocher le portrait du «Tigre» Georges Clémenceau (à l’origine de cette expression pourtant très contestable dans ses implications). «Ma mission est de vous soutenir, de vous faire confiance et de vous protéger », a-t-il assuré aux policiers présents. Marquant de véritables ruptures avec la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy (rapprochement police-population, réforme de la politique du chiffre), Manuel Valls s’inscrit toutefois dans la continuité sur d’autres dossiers (renseignement intérieur, vidéosurveillance) et dans la méthode (en rappelant fréquemment sa qualité d’« élu de banlieue » conscient des «réalités du terrain»). Une comparaison qui amuse le ministre qui s’est lancé mercredi dans une imitation de l’ancien président : «On dit “Y va sur le terrain, y ressemble à un autre”. » Avant d’ajouter, de façon presqu’inaudible au milieu des rires : «C’est pénible. »
• Contrôle d’identité: ( le récépissé s’éloigne) .
Dans son programme, François Hollande avait prévu une circulaire contre le contrôle au faciès avant fin juin. Le 1er juin, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, rentrant dans les détails, avait évoqué la remise de récépissés à chaque personne contrôlée. Manifestement, Manuel Valls n’a pas apprécié d’avoir été ainsi brusqué. «Un débat public sur les contrôles d’identité existe et nous ne pouvons l’esquiver», at-il paru regretter, le 28 juin, face aux représentants syndicaux de l'Unsa Police.
Trois jours plus tôt, devant les commissaires tout juste diplômés de l'École nationale supérieure de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, le ministre s’est offert de multiples portes de sortie : « On fera les études nécessaires sur ce projet de récépissé », et «si on voit que techniquement c'est difficile et qu'il n'est pas accepté par les policiers, on choisira ensemble de bonnes solutions». Les policiers ont très bien perçu le message : «Le récépissé est enterré», a entériné Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie Officiers (second syndicat d'officiers). Officiellement, le débat est renvoyé à l’automne et à la remise d’un rapport par le Défenseur des droits. Le ministre de l’intérieur a également saisi la Cnil, dans un souci de protection des données personnelles assez remarquable pour un ministère qui compte 80 fichiers, dont près de la moitié illégaux… «Le traitement des souches pourrait engendrer des fichiers qui ne répondent pas aux attentes de la Cnil», s’est de son côté ému Philippe Capon, leader de l’Unsa Police, le 28 juin. À défaut (pour l'instant) de reçu et de réforme du Code de procédure pénale, Manuel Valls compte sur le «discernement» des policiers. Le 25 juin, il a demandé aux commissaires, ses «managers», de bannir les contrôles d'identité «abusivement répétés ou réalisés sans discernement». «Une institution, pour être respectée de tous, doit être respectueuse de chacun», a-t-il répété à plusieurs reprises, insistant sur le «devoir d’exemplarité» des policiers et son inflexibilité sur les questions de déontologie.
Cela passe, pour le ministre, par «une certaine distanciation professionnelle» et la prohibition du tutoiement. «Même avec une forme de familiarité avec des jeunes de quartier que l’on connaît, il amène très vite à des débordements», a-t-il mis en garde le 28 juin. À plus long terme, est envisagée une «rénovation en profondeur de la formation des policiers», en valorisant la «part réservée aux cas pratiques et aux retours d’expérience ».
• Des policiers mieux protégés.
En revanche, le dossier de la protection fonctionnelle des policiers et des gendarmes avance, lui, à grande vitesse. La commission, nommée début juin et présidée par un conseiller d’État, doit rendre ses conclusions fin juillet. «Nous avons une police exemplaire, amenée à faire usage de son arme avec beaucoup de discernement, contrairement à d’autres pays», a salué, le 28 juin, Manuel Valls, qui souhaite mieux protéger ses troupes en cas de procédure judiciaire. Cette revendication était partie d’un mouvement de colère des policiers dans l’entre-deux-tours, suite à la mise en examen pour homicide volontaire d’un de leurs collègues de Noisy-Le-Sec, qui avait tué par balle une personne recherchée. « Moi, les uniformes et les sirènes hurlantes au coeur de Paris, je n’admettrai pas et je sanctionnerai les policiers», a toutefois mis en garde Manuel Valls, qui a également exclu toute «présomption de légitime défense». Comme pour tous les fonctionnaires, l’État est tenu de protéger les policiers et gendarmes en leur fournissant une assistance juridique en cas de poursuites judiciaires liées à l'exercice de leurs fonctions. «Mais, du fait de leur mission, les policiers sont particulièrement exposés, estime Nicolas Comte, leader d’Unité SGP Police FO (le principal syndicat de gardiens de la paix). Afin que la présomption d’innocence soit réellement respectée, un policier mis en examen, sans faute intentionnelle avérée, doit pouvoir conserver son plein traitement et ses primes, quitte à être cantonné à des tâches administratives, en attendant la fin de la procédure pénale. » À Millau, un policier de la brigade anti criminalité, suspecté d’avoir tué par balle un jeune conducteur qui tentait d’échapper à la patrouille, vient ainsi d’être mis en examen le 29 juin.
• Tourner la page de la politique du chiffre.
Le ministre de l'intérieur souhaite passer «d’une politique du chiffre à une exigence de sécurité pour tous les citoyens». Les indicateurs ne disparaîtront pas, mais ils «doivent rester des outils». «Cela n’a pas grand sens de déterminer en début d’année un pourcentage de baisse de la délinquance à obtenir impérativement ou un taux d’élucidations global à atteindre», a estimé Manuel Valls, le 25 juin, devant les nouveaux commissaires. De même, en matière de lutte contre les stupéfiants, «les quantités saisies ne doivent pas être le seul critère d’appréciation, a-t-il annoncé à la préfecture de police de Paris, le 26 juin. Rendre une physionomie normale à un hall d’immeuble, à une rue, à un square, en faisant cesser les trafics, constitue des objectifs qui ont tout autant d’importance». Il entend désormais associer le Parlement à la désignation du président de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), à la tête duquel Nicolas Sarkozy avait nommé son conseiller officieux, Alain Bauer. Observatoire que Manuel Valls compte parailleurs saisir afin de «réaliser un audit des pratiques statistiques actuelles et de construire une nouveau format de pilotage (...) plus transparent». Cette annonce a été plutôt bien reçue par les chercheurs, qui dénonçaient l’instrumentalisation et l’obsolescence de l’état 4001 (qui recense l'ensemble des procès-verbaux dressés par la gendarmerie et la police nationales à partir de plaintes ou d'infractions constatées). «Il faut absolument changer les indicateurs, réfléchir à leur nature, indiquait le sociologue Sébastien Roché, fin mai, dans une interview au Monde. On devrait aussi inclure dans les tableaux de bord la dimension du partenariat avec les élus, la satisfaction du public, l’accueil du public… Il faudrait introduire des différences de cibles selon les régions et des indicateurs décidés localement.»
• Une cinquantaine de zones de sécurité. (prioritaires dès septembre).
C’était l’un des points forts du programme de François Hollande en matière de sécurité : mettre le paquet sur quelques zones particulièrement problématiques, et ne pas reproduire les errements d’une police de proximité, qui avait été généralisée trop vite à l’ensemble du territoire, sans prendre en compte les besoins locaux. Comme l’a annoncé Manuel Valls cette semaine, «50 à 60 zones de sécurité prioritaires, dont 30 à 40 en zone police», seront créées en septembre, visant «des cités sensibles» sujettes aux «violences urbaines» et à une «économie souterraine», «des centres-villes à la physionomie dégradée», et des «zones périurbaines» victimes de cambriolages. «Grosso modo, on va retomber sur le territoire des Uteq (unités territoriales de quartier, créées en 2008 par Michèle Alliot-Marie– ndlr), et des BST (brigades spéciales de terrain créées par Brice Hortefeux– ndlr), mais avec une liberté pour les acteurs locaux d’adapter les outils », interprète Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie Officiers. Pour Paris et la petite couronne, le ministre a demandé le 26 juin au nouveau préfet de police, Bernard Boucault, de désigner des premières zones expérimentales (sans doute au nombre de trois). «Le parlement sera associé dès que possible, mais on ne peut pas non plus arriver devant les parlementaires sans aucun élément», indique le cabinet du ministre. Il s’agira, selon Manuel Valls, de «fédérer tous les moyens des services de police», d’«impliquer l’autorité judiciaire», et d’«associer les partenaires (élus, bailleurs, transporteurs)». Le ministre met l’accent sur «un dispositif souple», adapté «aux particularismes locaux». Manuel Valls a également annoncé que «les créations de poste décidées cette année (donc cet été–ndlr) leur seront en priorté réservées».
• Un ministère prioritaire pour les créations de Poste.
Quelque 5000 créations de postes sur cinq ans pour la police, la gendarmerie et la justice avaient été promises pendant la campagne. Avec l’éducation et la justice, l’intérieur devrait donc être le seul ministère préservé des réductions de personnel. Mais les syndicats de policiers sont plutôt pessimistes. « C'est très tendu avec Bercy, glisse un responsable syndical. Le cabinet nous a dit, en off, qu’ils espéraient que l’ensemble des départs à la retraite seraient couverts. »
Des relations police-justice apaisées En rupture avec ses prédécesseurs, Manuel Valls a regretté que «trop souvent ces dernières années, les institutions policières et judiciaires (aient) été opposées, dressées l’une contre l’autre». Il souhaite la mis en place de «conférences intérieur-justice déconcentrées partout en France». Mais les réflexes de «premier flic de France» ne sont pas loin, quand, rappelant son expérience «d’élu de la banlieue parisienne», il indique aux policiers comprendre que certaines décisions de justice «peuvent choquer».
• Vidéosurveillance, une extension à la petite Couronne.
En annonçant le 26 juin, le «développement de la vidéo protection à de nouveaux secteurs de l’agglomération en complémentarité avec le plan parisien», Manuel Valls se situe dans la droite ligne de Nicolas Sarkozy. Le ministre a indiqué veiller «à ce que le fonds interministériel de prévention de la délinquance soutienne cette stratégie », alors que les deux tiers du fonds sont déjà consacrés à financer la vidéosurveillance.
Contactée, la préfecture de police n’a pu communiquer aucun bilan du «plan 1000 caméras pour Paris», lancé en 2008 par le précédent préfet de police, Michel Gaudin. Et la préfecture ne dispose d’aucune donnée sur le nombre de caméras déjà existantes dans les trois départements de la petite couronne, ces dernières étant gérées par les polices municipales, sans centralisation des images. «Ce qui marche à Paris avec beacoup d’effectifs de police et un terrain bien quadrillé, ne fonctionne pas toujours en banlieue», souligne de son côté Nicolas Comte.
• Renseignement: l'appareil préservé.
Voulant faire la lumière sur «l’échec» de l’affaire Mohammed Merah, Manuel Valls a commandé début juin à la Direction générale de la police nationale (DGPN) et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) une «étude très complète sur ce qui a dysfonctionné». Mais, après avoir écarté de la tête de la DCRI l’encombrant Bernard Squarcini, trop proche de l’ancien pouvoir, le ministre semble vouloir se contenter d'un simple toilettage. Il a salué le 27 juin, à l’issue du congrès à Levallois-Perret du principal syndicat des commissaires, «un travail de grande qualité, qui mérite d'être mieux encadré par la loi». Le 26 juin, Manuel Valls a apellé les policiers de différents servcies de renseignement et de police judiciaire à renforcer leurs liens «pour garantir ce qu’il est convenu d’appeler la détection des signaux faibles». «Au moment où la France voit resurgir le spectre terroriste sur son sol, la continuité des missions de renseignement intérieur et la fluidité dans l’échange de l’information opérationnelle doivent être plus que jamais assurées», a-t-il affirmé. La doctrine du «pré terrorisme» et ses errements, portée à son summum par l'ancien patron de la DCRI, semblent donc avoir encore de beaux jours devant eux.
• Une reprise en main de la communication ?
Manuel Valls souhaite «l’adoption d’une charte de bonne conduite en matière de communication, afin que, lorsque la vie d’un otage est en jeu, le communication soit limitée à la sphère institutionnelle». Il a notamment indiqué, le 28 juin, que certains propos tenus en direct par des «consultants» sur une chaîne d’infos en continu lors du braquage d’une banque à Toulouse, le 20 juin, avaient renseigné le preneur d’otage sur le dispositif policier. Cette proposition fait sourire dans les rangs des syndicats, un policier rappelant que le premier à commenter en direct le siège de l’appartement de Mohammed Merah fut le ministre de l’intérieur Claude Guéant lui-même. De fait, les cadres locaux de la police étant rarement autorisés à parler aux journalistes, ces derniers se tournent vers les représentants syndicaux, souvent amenés à relater des interventions dont ils n’ont pas été témoins. Aux jeunes commissaires, lundi, Manuel Valls a demandé de mieux expliquer l’action de la police «à nos concitoyens», afin de construire «un capital image» de l’institution.
Un premier pas vers une vraie communication?
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Lun 2 Juil 2012 - 13:29

Bon, ben y a plus qu'à...

Je note que rien n'ai vraiment précisé, notamment en ce qui concerne la protection des FOD dans l'exercice de leurs missions...

Je suis bien impatient de voir comment cela va trouver une quelconque concrétisation...
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Ven 20 Juil 2012 - 18:33

Les idées choc de Valls.
C'est le titre d'un article de " Valeurs actuelles ", citant des idées, des réflexions et des propositions,
émises par notre Minint actuel, notamment dans son livre paru en 2011.

http://www.valeursactuelles.com/actualités/politique/idées-choc-de-valls20120717.html

Voici un échantillon, non exhaustif :

"" "Où l’insécurité est-elle la plus criante ?
Où les règlements de comptes sont-ils les plus nombreux ?
Quelles sont les zones de non-droit où l’angoisse et la peur, [...] empêchent de vivre et de circuler sereinement ?
La réponse, tout le monde la connaît. Personne ne veut la clamer haut et fort. Et qu’on ne me parle pas de stigmatisation.
S’habiller de la fausse pudeur du politiquement correct, c’est mettre sous couvercle un problème que l’on n’a pas le courage de régler."

Ces lignes auraient pu être écrites par l’un des spécialistes “musclés” de la sécurité que compte la droite dans ses rangs.
Elles l’ont été par un député socialiste, candidat à la primaire, porte-parole du candidat Hollande et nouveau ministre de l’Intérieur.
Manuel Valls, à l’époque député de l’Essonne et maire d’Évry, a fait de la sécurité son cheval de bataille (« J’ai dû, confronté à cette dure réalité, faire évoluer mes convictions face à la violence inouïe entre les bandes rivales, la gangrène de la drogue, les dégradations, les incivilités, les occupations illicites des gens du voyage. »).

Avec d’autres au PS (Delphine Batho, Julien Dray, Bruno Le Roux), il a voulu libérer le parti de ses lubies angéliques, incarnées aujourd’hui au gouvernement par Christiane Taubira.
Son livre sonnait en 2011 comme un acte de candidature au poste de “premier flic de France”.
Il ne doit pas être mis entre les mains de la nouvelle ministre de la Justice : elle y découvrirait la profondeur du gouffre qui la sépare de son collègue de la place Beauvau. Elle comprendrait aussi pourquoi, sur déjà nombre de sujets, il douche ses ardeurs.

« L’histoire de la gauche est marquée par une parfaite dichotomie, voire une schizophrénie idéologique lourde, en matière d’ordre et de sécurité », analysait Valls en 2011.
Un « malaise »(sic), fruit d’un postulat tenace au PS, selon lequel « l’insécurité serait uniquement une conséquence de l’injustice sociale, au-delà de toute responsabilisation du contrevenant ou du criminel ».

Sans concession, Valls instruit dans son livre le procès de Sarkozy, coupable selon lui d’avoir mené une « politique du chiffre » doublée d’une « course à l’échalote » pour séduire les électeurs du Front national.
Mais il accuse surtout son camp : « La gauche au pouvoir aura aussi le devoir de comprendre les échecs de ce qui, quatorze ans auparavant, en a été le prototype : la police de proximité. »
Le ton est sans appel, le constat incisif et les formules lapidaires [........] laisse imaginer que le nouveau ministre ne cédera pas un pouce de terrain au politiquement correct.

Revenant sur une polémique qui l’avait touché [......] Valls persiste et signe :
« J’entends déjà certains m’objecter avec cécité et précipitation – drapés de sublimes principes humanistes et auréolés de lauriers antiracistes – qu’il est interdit de faire des amalgames entre la couleur et la pauvreté, la couleur et les difficultés sociales, la couleur et l’insécurité. […]
Je veux, en tant que responsable de gauche, pouvoir parler en conscience […] de sécurité, de nation, de laïcité, de couleur, librement.
Et si je dois choquer les âmes frileuses, eh bien j’emploierai avec d’autant plus de conviction ces mots comme des marteaux pour clouer le bec aux autruches de la pensée. »

Quand Manuel Valls détaille une sorte de “catalogue” de ses positions sur les grands sujets touchant à la sécurité, ses propos détonnent.
Au sujet de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs : « Confrontés que nous sommes à cette violence et cette précocité toujours plus importantes, les beaux principes de l’irresponsabilité pénale [des mineurs, NDLR] peuvent parfois paraître un peu désuets. […]
La prison reste une solution, dans certains cas les plus graves. [........]

Cécile Duflot non plus ne devrait pas lire ce livre. Attachée à la dépénalisation du cannabis, elle serait sûrement déçue :
« Certains de mes amis à gauche proposent la légalisation pure et simple. Je m’y oppose formellement. […]La légalisation serait une défaite morale et philosophique pour la gauche. »

Et de promouvoir l’idée de « statistiques de la diversité » (tout en se défendant de parler de “statistiques ethniques”), qui seraient « une révolution ».

Il poursuit, mettant à jour son bréviaire réactionnaire : « La vidéosurveillance – n’ayons pas peur des mots ! – produit de formidables résultats […]. » [......]

Certaines déclarations prennent leur sens une fois la gauche arrivée au pouvoir et son trublion installé à la tête du ministère de l’Intérieur : « Je veux réhabiliter l’ordre en tant que tel, dans ses vertus structurantes et libératoires pour l’individu. »

Il évoque longuement la question de la surpopulation carcérale (« dans ces conditions, nous ne pourrons pas échapper à la création de nouvelles places de prison »), mais aussi les contraintes budgétaires qui gênent toutes les politiques publiques […]. »

Valls pense sans tabous et sans états d’âme. Son credo ? « Sortir de la politique du chiffre et tendre vers une culture du résultat. »

[........] Il a plus d’ennemis dans son camp qu’à droite ! » Il bouscule son camp (« Le mot socialiste ne veut plus rien dire »), mais son positionnement lui vaut d’être – de loin – le membre le plus populaire du gouvernement.
[........] ""
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Ven 20 Juil 2012 - 19:32

Dont acte mais j'ai bien peur que pour ce qui concerne la Gendarmerie il reste totalement réfractaire à tout progrès et qu'il va se laisser manipuler par les généraux qui prendront soin de filtrer tout ce qui remonte de la base "prolétarienne".
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Ven 20 Juil 2012 - 20:34

Bonsoir,
Normal Christian, les casoars sont en plumes de coq pas en plumes d'autruche.
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MessageSujet: Immigration : Valls détaille sa feuille de route   Mer 25 Juil 2012 - 23:04

Mercredi après-midi, Manuel Valls était auditionné par la commission des lois du Sénat. L'occasion pour le ministre de l'Intérieur de revenir sur la politique d'immigration qui va être menée par le gouvernement.

http://www.lejdd.fr/Politique/Actualite/Naturalisation-regularisation-Valls-detaille-sa-feuille-de-route-535187

http://www.boursorama.com/actualites/immigration-valls-veut-defaire-la-politique-du-precedent-gouvernement-26a0c6dd11dcd7c1bc751ffe7dfc11f3
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MessageSujet: Sécurité. Les idées choc de Valls !   Mer 25 Juil 2012 - 23:31

Statistiques de la diversité, détention des mineurs, réhabilitation de l’ordre : nous avons retrouvé ce qu’écrivait le ministre de l’Intérieur en 2011, dans son livre “Sécurité, la gauche peut tout changer”. Suivra-t-il ce programme ?

Où l’insécurité est-elle la plus criante ? […] Où les règlements de comptes sont-ils les plus nombreux ? Quelles sont les zones de non-droit où l’angoisse et la peur, comme un brouillard épais, empêchent de vivre et de circuler sereinement ? La réponse, tout le monde la connaît. Personne ne veut la clamer haut et fort. Et qu’on ne me parle pas de stigmatisation. […] S’habiller de la fausse pudeur du politiquement correct, c’est mettre sous couvercle un problème que l’on n’a pas le courage de régler. Ces lignes auraient pu être écrites par l’un des spécialistes “musclés” de la sécurité que compte la droite dans ses rangs. Elles l’ont été par un député socialiste, candidat à la primaire, porte-parole du candidat Hollande et nouveau ministre de l’Intérieur. Manuel Valls, à l’époque député de l’Essonne et maire d’Évry, a fait de la sécurité son cheval de bataille (« J’ai dû, confronté à cette dure réalité, faire évoluer mes convictions face à la violence inouïe entre les bandes rivales, la gangrène de la drogue, les dégradations, les incivilités, les occupations illicites des gens du voyage. »). Avec d’autres au PS (Delphine Batho, Julien Dray, Bruno Le Roux), il a voulu libérer le parti de ses lubies angéliques, incarnées aujourd’hui au gouvernement par Christiane Taubira.

Son livre sonnait en 2011 comme un acte de candidature au poste de “premier flic de France”. Il ne doit pas être mis entre les mains de la nouvelle ministre de la Justice : elle y découvrirait la profondeur du gouffre qui la sépare de son collègue de la place Beauvau. Elle comprendrait aussi pourquoi, sur déjà nombre de sujets, il douche ses ardeurs.

« L’histoire de la gauche est marquée par une parfaite dichotomie, voire une schizophrénie idéologique lourde, en matière d’ordre et de sécurité », analysait Valls en 2011. Un « malaise »(sic), fruit d’un postulat tenace au PS, selon lequel « l’insécurité serait uniquement une conséquence de l’injustice sociale, au-delà de toute responsabilisation du contrevenant ou du criminel ». Sans concession, Valls instruit dans son livre le procès de Sarkozy, coupable selon lui d’avoir mené une « politique du chiffre » doublée d’une « course à l’échalote » pour séduire les électeurs du Front national. Mais il accuse surtout son camp : « La gauche au pouvoir aura aussi le devoir de comprendre les échecs de ce qui, quatorze ans auparavant, en a été le prototype : la police de proximité. » Le ton est sans appel, le constat incisif et les formules lapidaires. Les titre de chapitres (« Une justice au pain sec, des prisons en miettes », « Mieux punir les enfants de la République », « Parlons ghetto »…) laisse imaginer que le nouveau ministre ne cédera pas un pouce de terrain au politiquement correct. Revenant sur une polémique qui l’avait touché (il avait été filmé sur un marché d’Évry, parlant des « Blancs, Whites, Blancos »), Valls persiste et signe :

« J’entends déjà certains m’objecter avec cécité et précipitation – drapés de sublimes principes humanistes et auréolés de lauriers antiracistes – qu’il est interdit de faire des amalgames entre la couleur et la pauvreté, la couleur et les difficultés sociales, la couleur et l’insécurité. […] Je veux, en tant que responsable de gauche, pouvoir parler en conscience […] de sécurité, de nation, de laïcité, de couleur, librement. Et si je dois choquer les âmes frileuses, eh bien j’emploierai avec d’autant plus de conviction ces mots comme des marteaux pour clouer le bec aux autruches de la pensée. »

Quand Manuel Valls détaille une sorte de “catalogue” de ses positions sur les grands sujets touchant à la sécurité, ses propos détonnent. Au sujet de l’ordonnance de 1945 sur les mineurs : « Confrontés que nous sommes à cette violence et cette précocité toujours plus importantes, les beaux principes de l’irresponsabilité pénale [des mineurs, NDLR] peuvent parfois paraître un peu désuets. […]La prison reste une solution, dans certains cas les plus graves. »Il récuse le terme cher à Ségolène Royal d’« ordre juste » : « le simple fait d’accoler au mot “ordre” l’épithète “juste” est l’aveu inconscient pour la gauche que l’ordre seul est vécu comme une dérive, une menace. »

Cécile Duflot non plus ne devrait pas lire ce livre. Attachée à la dépénalisation du cannabis, elle serait sûrement déçue : « Certains de mes amis à gauche proposent la légalisation pure et simple. Je m’y oppose formellement. […]La légalisation serait une défaite morale et philosophique pour la gauche. »Et de promouvoir l’idée de « statistiques de la diversité » (tout en se défendant de parler de “statistiques ethniques”), qui seraient « une révolution ». Il poursuit, mettant à jour son bréviaire réactionnaire : « La vidéosurveillance – n’ayons pas peur des mots ! – produit de formidables résultats […]. » Valls cite même comme une référence la politique sécuritaire menée par Serge Grouard, député du Loiret et maire UMP d’Orléans, dans sa ville.

Certaines déclarations prennent leur sens une fois la gauche arrivée au pouvoir et son trublion installé à la tête du ministère de l’Intérieur :

« Je veux réhabiliter l’ordre en tant que tel, dans ses vertus structurantes et libératoires pour l’individu. » Il évoque longuement la question de la surpopulation carcérale (« dans ces conditions, nous ne pourrons pas échapper à la création de nouvelles places de prison »), mais aussi les contraintes budgétaires qui gênent toutes les politiques publiques : « Étant donné la situation de nos comptes publics, […] nous n’aurons malheureusement pas les moyens, à court terme, de revenir sur la totalité des suppressions d’effectifs […]. »Valls pense sans tabous et sans états d’âme. Son credo ? « Sortir de la politique du chiffre et tendre vers une culture du résultat. »

Le journal l’Express le surnommait récemment en couverture « le socialiste de droite ». Valls déteste qu’on le compare à Sarkozy ou qu’on lui fasse remarquer sa proximité avec le camp d’en face. Pourtant, son nom revient en boucle quand il s’agit pour un membre de l’UMP de dire du bien d’un adversaire. De lui, Valérie Pécresse dit qu’« il a moins de réflexes idéologiques et sectaires que la plupart des socialistes. Il a plus d’ennemis dans son camp qu’à droite ! » Il bouscule son camp (« Le mot socialiste ne veut plus rien dire »), mais son positionnement lui vaut d’être – de loin – le membre le plus populaire du gouvernement. Ses prédécesseurs Guéant et Hortefeux, comme Copé, ne cachent pas leur affection pour cet atypique. Avec des ennemis comme eux, plus besoin d’amis. Geoffroy Lejeune

Sécurité, la gauche peut tout changer, de Manuel Valls, Éditions du Moment, 2011.

http://www.valeursactuelles.com/actualit%C3%A9s/politique/id%C3%A9es-choc-de-valls20120717.html
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MessageSujet: Manuel Valls veut une refonte des chiffres de la délinquance !   Mar 28 Aoû 2012 - 19:36

Le ministre de l'intérieur a décidé d'ouvrir "le chantier des indicateurs de la délinquance". Manuel Valls a annoncé au Monde, mardi 28 août, qu'il va demander aux inspections générales de l'administration, de la police et de la gendarmerie (IGA, IGPN, IGGN) d'évaluer "les pratiques d'enregistrement statistique" et l'"application des règles de comptabilisation des crimes et délits". Mais, au-delà de cette évaluation, le ministre veut "mettre à plat l'ensemble de l'outil statistique" pour "assurer la robustesse et la continuité dans le temps" des chiffres et aboutir à une "présentation renouvelée".

Sur ce sujet sensible, le ministre va mettre en place une concertation avec les commissions des lois du Sénat et de l'Assemblée nationale, l'Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) et le Conseil national de la statistique. L'objectif : obtenir un "contexte dépassionné et consensuel", explique-t-on au ministère.

Reste à trouver de nouveaux moyens d'évaluation, et à imposer de nouveaux indicateurs. Cela pourrait passer par de nouveaux agrégats. Il en existe actuellement quatre : les atteintes aux biens, les atteintes volontaires à l'intégrité physique, les escroqueries et infractions économiques et financières et les infractions révélées par l'action des services. Mais ils sont encore larges, et peu lisibles. Au ministère, on souhaiterait aussi donner plus de poids au taux d'élucidation, au travail de la police technique et scientifique, et à des outils permettant de rendre compte de l'activité réelle de la police et de la gendarmerie, les mains courantes (simples signalements) ou les interventions.

Car si le ministre veut combattre les "effets pervers" de la politique du chiffre, qui "incite à agir sur la statistique et non sur les traitements de fond des problèmes", son entourage reconnaît qu'"il faut rendre des comptes : il faut trouver un équilibre, avec des objectifs annuels accessibles".

Depuis 1972, les statistiques de la délinquance sont mesurées par l'état 4001, soit l'ensemble des crimes et délits enregistrés par les services de police et de gendarmerie, classés sous une centaine de rubriques. Se trouvent ainsi mêlés des faits dont la nature et la gravité divergent radicalement, ce qui n'a jamais empêché les ministres de l'intérieur successifs de les additionner pour donner chaque année le "chiffre unique", au grand dam de l'ONDRP.

Dans son dernier bulletin mensuel publié mardi, l'ONDRP rappelle que "confondre la délinquance enregistrée avec la délinquance commise (...) est une erreur". Le taux de plaintes varie de moins de 10 % pour les actes de vandalisme ou les violences sexuelles, à près de 100 % pour les vols de voiture. L'ONDRP dénonce aussi, depuis un an, l'existence de mois "atypiques". Lorsqu'un mois s'achève par un week-end ou un jour férié, la collecte se termine le dernier jour ouvrable. Cela donne des mois à 27 ou 28 jours qui jettent un doute sur la fiabilité des comptes.

CHANTIER INCONTOURNABLE

En donnant le coup d'envoi d'une réforme de l'outil statistique, Manuel Valls anticipe les effets d'un changement majeur dans les commissariats et les brigades de gendarmerie : la généralisation du LRPPN et du LRPGN, les nouveaux logiciels de rédaction de procédures. Un vrai progrès en termes de précision : ces programmes imposent aux fonctionnaires un certain nombre de champs normalisés (date et lieu du crime ou du délit, etc.), et les suites pénales seront intégrées.

Et, surtout, la remontée des statistiques sera automatisée, rendant impossibles les petits arrangements locaux... Ce qui pourrait provoquer "mécaniquement, une augmentation des chiffres", reconnaît-on Place Beauvau. La mise en place du nouveau système devrait être achevée début 2013 et les premières remontées statistiques avoir lieu en avril ou en mai.

Le chantier de la statistique policière est vaste, mais Manuel Valls sait, d'expérience, qu'il est incontournable. Entre 1997 et 2002, Lionel Jospin avait pris conscience, trop tard, du problème. Une mission parlementaire avait été créée en juillet 2001. Ses recommandations ont donné naissance, en 2003, à l'Observatoire national de la délinquance, qui a permis de grandes avancées, notamment les enquêtes annuelles de victimation. Trop tard pour la gauche : Nicolas Sarkozy occupait désormais la Place Beauvau.

Par Laurent Borredon
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/08/28/manuel-valls-veut-une-refonte-des-chiffres-de-la-delinquance_1752239_3224.html
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Ven 31 Aoû 2012 - 13:25

...des usines à gaz en préparation !!!!!
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Ven 31 Aoû 2012 - 13:35

Apportez nous les chiffres qu'on puisse faire le bilan pour alimenter la statistiques qui servira à calculer l'activité des gendarmes et vérifier si elle correspond bien aux chiffres des quotas imposés et des objectifs fixés.

https://sites.google.com/site/assogendarmesetcitoyens/COMMUNIQUES/manuelvallsouvrelechantierdesindicateursdeladelinquance
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mar 11 Sep 2012 - 10:24

http://www.bfmtv.com/politique/valls-bftmv-creer-ans-pres-500-postes-policiers-gendarmes-333986.html
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MessageSujet: Délinquance : Valls va appeler policiers et gendarmes à "se dépasser"   Mar 18 Sep 2012 - 22:32

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui réunit mercredi à Paris les directeurs départementaux de police (DDSP) et les commandants de groupements de gendarmerie, va les appeler à "se dépasser" pour mieux lutter contre la délinquance, a assuré ce mardi son entourage.

Le ministre va "rappeler les principes d'action et appeler (ces) cadres à prendre leurs responsabilités, à réagir, à se dépasser", selon cette source.

"Discours cadre"

En déplacement lundi dans le Gard, Manuel Valls a assuré devant les journalistes qu'il tiendrait un "discours cadre, important" aux responsables nationaux, régionaux et départementaux de police et de gendarmerie réunis à l'Ecole militaire.

Le renseignement, dont celui relevant des services départementaux d'information générale (Sdig), la lutte contre les trafics, la déontologie, le rapport au local, à la déconcentration, de même que le redéploiement police-gendarmerie pour "poursuivre les mutualisations tant logistiques que de répartition des forces", seront évoqués tout au long d'un discours "d'environ une heure", a-t-on souligné Place Beauvau.

http://www.bfmtv.com/politique/delinquance-valls-va-appeler-policiers-gendarmes-a-se-depasser-338660.html
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mar 18 Sep 2012 - 22:56

Bonsoir,
Les chefs vont se dépasser, les troupes dépasseront les horaires.... C.Q.F.D.
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mer 19 Sep 2012 - 10:55

C'est exactement ça...

Ces "chefs" vont en demander encore et toujours plus à leurs subordonnés qui sont déjà complètement submergés...

Pas de bonne augure tout ça...
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mer 19 Sep 2012 - 11:13

et pendant ce temps là notre chère "garde des sceaux" présente ce matin au conseil des ministres sa nouvelle circulaire pénale
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Mer 19 Sep 2012 - 14:25

malinois a écrit:
et pendant ce temps là notre chère "garde des sceaux" présente ce matin au conseil des ministres sa nouvelle circulaire pénale

Alors, ...circulaire, y a rien à voir !!!

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MessageSujet: Valls dévoile ses mesures contre la délinquance !   Mer 19 Sep 2012 - 22:18

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a détaillé sa politique en matière de sécurité, mercredi après-midi devant les hauts responsables de la gendarmerie et de la police. Outre l'enterrement de l'idée de reçu de contrôle d'identité, il a ouvert de nouveaux chantiers, dont la mutualisation des moyens de la police et de la gendarmerie, ainsi que la réforme du renseignement.

Manuel Valls s'était donné quatre mois pour rendre sa copie. Mercredi après-midi, devant les hauts responsables de la police et de la gendarmerie, le ministre de l'Intérieur a fait le bilan de quatre mois de déplacements sur le terrain. Il a reconnu "l'urgence d'agir" et, en conséquence, a présenté les grandes orientations en matière de politique sécuritaire.

Contrôle d'identité : un retour au matricule visible?


Dans la matinée, Libération avait déjà révélé que Manuel Valls laissait tomber l'idée de délivrer un récépissé lors des contrôles d'identité. Le ministre a trouvé "très difficile de retenir" cette proposition, dont Matignon était à l'origine. "Il ne faut pas compliquer, de manière déraisonnable, le travail des policiers et gendarmes sur le terrain", a-t-il tranché.

Mais il veut préciser le cadre juridique dans lequel les contrôles sont effectués. Si le principe d'un reçu est retoqué, l'élu d'Evry ne rejette pas la nécessité de rétablir un élément d'identification sur l'uniforme, le numéro de matricule du policier par exemple. Mercredi matin, sur RTL, Jean-Marc Ayrault a indiqué qu'il attendait le rapport de son ministre sur le sujet avant de trancher.

Rétablir l'équilibre entre police et gendarmerie


Autre sujet sensible, la mutualisation progressive des moyens et effectifs de la police et de la gendarmerie. Il s'agit du grand dossier de Nicolas Sarkozy quand il occupait la fonction de ministre de l'Intérieur (2003-2006), chantier poursuivi lors de son mandat présidentiel sur la période 2009-2011. La Cour des comptes avait sévèrement jugé le bilan des mesures prises dans un rapport daté d'octobre 2011. La mutualisation n'a pas dégagé les économies attendues.

"L'équilibre global des forces sera maintenu", a d'abord déclaré Manuel Valls, qui veut tenter de déminer le dossier. Le ministre a toutefois nuancé son propos en ajoutant : "Il n’y aura pas forcément de parité absolue en terme de population ou de nombres de zones couvertes." Des propositions des deux directeurs généraux, de la police et de la gendarmerie, sont attendues "rapidement" pour lancer les premiers redéploiements dès la fin de l’année. Concernant les Zones de sécurité prioritaires (ZSP) mises en place, seuls 480 postes supplémentaires devraient y être affectés.

Statistiques : de nouveaux indicateurs


Manuel Valls est également revenu sur les statistiques de la délinquance. En quatre mois, son discours n'a guère changé : "A la politique du chiffre, je veux substituer une exigence de sécurité." A cet effet, un "nouvel outil de pilotage", dédié à mettre sur pied de nouveaux indicateurs - concernant, entre autres, les violences intrafamiliales ou "crapuleuses" -, devra être adopté au 1er janvier prochain.

Dans ce cadre, une "large concertation" aura lieu avec l'Observatoire nationale de la délinquance, l'Insee, les parlementaires et des chercheurs. Autre objectif fixé au 1er janvier 2013, la généralisation de la pré-plainte en ligne, un chantier mis en pause lors du précédent quinquennat.

Changements en vue pour le renseignement français


Enfin, Manuel Valls est revenu sur sa volonté de réformer le renseignement. Annonçant un projet de loi antiterroriste rédigé avec la Chancellerie, présenté le 3 octobre en Conseil des ministres, le ministre est revenu sur l'affaire Merah, dans laquelle les services de renseignement français ont été mis en cause.

Manuel Valls a dit attendre le rapport de retour d'expérience de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), mais a déjà souhaité revenir sur la réforme de 2008, qui avait vu les "RG" être intégrés à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). En d'autres termes, le ministre veut, une nouvelle fois, revenir sur l'action de Nicolas Sarkozy tout en continuant à réformer. Et ainsi, marquer à son tour l'histoire de la place Beauvau.


http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Valls-devoile-ses-mesures-contre-la-delinquance-557756

http://www.lepoint.fr/societe/valls-donne-une-nouvelle-feuille-de-route-aux-policiers-et-gendarmes-19-09-2012-1508057_23.php

http://delinquance.blog.lemonde.fr/2012/09/19/controles-didentite-police-gendarmerie-renseignement-le-programme-de-valls/
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 20 Sep 2012 - 9:30

Bon, ben, ... Y a plus qu'à...
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 20 Sep 2012 - 12:12

[quote="MARSOUIN 26"][b]Contrôle d'identité : un retour au matricule visible?

l'élu d'Evry ne rejette pas la nécessité de rétablir un élément d'identification sur l'uniforme, le numéro de matricule du policier par exemple.

cette réforme est "impressionnante"......les délinquants vont bien se marrer ; un petit reproche il ne manque plus que l'adresse du policier ou du gendarme
Rétablir l'équilibre entre police et gendarmerie


Concernant les Zones de sécurité prioritaires (ZSP) mises en place, seuls 480 postes supplémentaires devraient y être affectés.
sachant qu'il y a déjà 205 policiers en renfort sur Marseille, il reste donc 14 ZSP à renforcer donc 480 - 205 = 275 personnels à répartir entre 14 ZSP çà fait 19 policiers ou gendarmes par ZSP Exclamation les délinquants peuvent commencer à trembler ..............
Statistiques : de nouveaux indicateurs


"A la politique du chiffre, je veux substituer une exigence de sécurité."

oh putain il ose s'attaquer aux sacro-saintes stats de la gendarmerie et de la police.....je crois rêver Wink
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 20 Sep 2012 - 12:42

De Médiapart, ce matin:

Contrôles d'identité: Valls enterre le récépissé et s'en remet aux policiers

20 septembre 2012 | Par Louise Fessard

Présentant mercredi 19 septembre les grandes orientations de sa politique de sécurité face aux cadres de la police et la gendarmerie, le ministre de l'intérieur Manuel Valls a confirmé son opposition à l'idée d'un récépissé remis à chaque contrôle d'identité. « Il ne faut pas compliquer, de manière déraisonnable, le travail des policiers et des gendarmes sur le terrain, a-t-il déclaré à l'école militaire, à Paris. (Cette mesure) serait beaucoup trop bureaucratique et lourde à gérer, et porteuse de difficultés juridiques nouvelles en termes de traçabilité des déplacements et de constitution de nouveaux fichiers. »

Voilà donc l'idée officiellement enterrée par Manuel Valls, sans même attendre, comme annoncé début juillet par son cabinet, les résultats d'une étude sur les expériences étrangères que le Défenseur des droits, Dominique Baudis, doit présenter mi-octobre. Dans ses mesures prioritaires, François Hollande avait promis, avant fin juin 2012, une circulaire pour lutter « contre le délit de faciès dans les contrôles d'identité ». Sans donner plus de précisions.

Le 1er juin, entre les deux tours des législatives, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait affirmé que cette remise de récépissés à chaque personne contrôlée était « en préparation ». Interrogé sur RTL le 19 septembre, il s'en tient désormais à rappeler que « l'engagement de François Hollande, c'est qu'il doit être mis fin au contrôle au faciès ». « C'est un engagement fort, (…) qui doit être tenu, comme tous les autres », a précisé le premier ministre, affirmant qu'il prendrait sa décision après la remise par Manuel Valls d'un rapport « sur les différentes modalités pour recréer de la confiance, éviter tout dérapage ».

Ce dernier s'en est remis le 19 septembre aux responsables de la police et de la gendarmerie les priant de « trouver les voies de (la) mise en œuvre concrète » de l'engagement du président. Il a ébauché trois pistes : un rappel du « cadre strict des contrôles d'identité par les directeurs généraux, y compris s'agissant (…) du recours à la palpation de sécurité », un code de déontologie « précisé » et « complété », ainsi que le rétablissement « sur l'uniforme ou le brassard (d')élément d'identification, comme le numéro du matricule ».

Pour les associations en pointe sur le sujet, la remise d'un récépissé constituait pourtant une première étape, insuffisante mais indispensable pour mieux cerner l'usage des contrôles d'identité par les forces de l'ordre. « Cette demande à la hiérarchie policière, c'est très bien, mais cette hiérarchie, elle-même, a besoin de données pour savoir comment les contrôles d'identité sont mis en pratique sur le terrain, réagit Lanna Hollo, représentante de la fondation Open Society Justice Initiative à Paris. Comment peut-on espérer répondre à un problème dont on n'a même pas pris la mesure ? »

En 2009, une étude du CNRS, financée par cette fondation du milliardaire George Soros, avait montré qu'à Paris, les Arabes et les Noirs avaient respectivement 7,8 et 6,7 fois plus de chance d'être contrôlés que les Blancs. Mis à part cette étude effectuée sur cinq sites parisiens, il n'existe aujourd'hui aucune donnée chiffrée sur les contrôles d'identité en France, que ce soit du côté du ministère de l'intérieur ou de celui de la justice. Et pour cause, le contrôle d'identité restant en France le seul acte policier sans trace écrite...

Au Royaume-Uni, en revanche, une étude sur les « Stop and search » menée tous les deux ans par le ministère de la justice fournit des indications intéressantes sur leur efficacité, même en dehors de toute considération ethnique. Sur la période 2009-2010, plus de 1,1 million de personnes ont ainsi été contrôlées en Angleterre et au pays de Galles, dont près de la moitié par la MET, la police londonienne. Environ 9 % de ces fouilles ont été suivies d'une arrestation (contre 12 % en 2006-2007).

« Manuel Valls dit que les contrôles d'identité sont essentiels, mais il ne sait même pas combien de contrôles ont lieu chaque jour en France, quels sont leurs motifs et combien d'affaires ils permettent de résoudre, s'étonne également Sihame Assbague, une des porte-parole du collectif Stop le contrôle au faciès. Ces contrôles ont un coût, ils mobilisent des policiers, et il est incroyable, de la part d'un ministre qui se dit pragmatique, de ne pas vouloir savoir quelle est leur efficacité. »

Face aux cadres de la police et de la gendarmerie, Manuel Valls a insisté mercredi 19 septembre sur les risques juridiques, et notamment de fichage ethnique (sans jamais utiliser ce terme). « Partout où (la remise d'un récépissé) existe, elle est associée à une classification de la population incompatible avec notre conception républicaine », a-t-il mis en garde.

Au Royaume-Uni, le reçu remis par les policiers lors des « Stop and search » indique en effet l'origine ethnique déclarée par la personne fouillée. Ce qui a permis au rapport publié en octobre 2011 par le ministère de la justice britannique de révéler l'étendue des discriminations en la matière, ainsi que l'augmentation, sur cinq ans, des contrôles visant des minorités ethniques. Sur la période 2009-2010, les personnes noires et asiatiques avaient respectivement 7 et 2,2 fois plus de chance d'être contrôlées que les personnes blanches en Angleterre et au pays de Galles.

Début juillet 2012, la présidente de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) avait également mis en garde contre la constitution de fichiers et les risques de traçabilité des personnes. « Une même personne, à cause ou grâce au récépissé, pourrait être tracée de façon extrêmement efficace dans le temps et dans l’espace. Deuxièmement, le récépissé pourrait être utilisé à des fins d’enquête de police judiciaire, donc nous, nous avons un petit peur de ça », avait expliqué la présidente Isabelle Falque-Pierrotin, interrogée à la sortie d'une conférence de presse par RTL. Contacté par Mediapart, le service de presse de la Cnil avait minimisé ces déclarations, confirmant que la Cnil n'avait jamais été saisie officiellement à ce sujet et qu'il y avait eu « un emballement et une extrapolation ».

En Espagne, l'expérimentation à Fuenlabrada, banlieue madrilène, de la remise d'un ticket à chaque contrôle avait effectivement abouti à la création d'un impressionnant fichier de données, potentiellement utilisable lors d'investigations criminelles. « Les formulaires permettent de savoir qui était avec qui à quel endroit, à quel moment, et de faire ensuite ces recoupements dans le fichier », expliquait en novembre 2011, David Martin Abanades, un sergent de police espagnol.

Mais ces craintes ont été prises en compte depuis longtemps par le collectif Stop le contrôle au faciès, qui propose que les policiers et gendarmes ne conservent qu'un exemplaire anonyme du récépissé, et sans aucune donnée ethnique. Ce qui, de facto, empêcherait tout fichage ou traçabilité. « On n'a pas besoin de connaître la couleur de peau des gens ciblés par les contrôles, ni même de conserver leur identité, explique Sihame Assbague. L'idée est d'avoir un outil pour connaître le nombre de contrôles d'identité réalisés, sur quelles zones géographiques et leurs éventuelles suites juridiques. Avec par ailleurs la possibilité pour les personnes contrôlées de saisir une commission indépendante avec une preuve écrite si elles estiment qu'il y a abus. » Faute de trace écrite, il est en effet aujourd'hui très difficile de contester un contrôle d'identité.

Le collectif vise désormais les parlementaires à qui ils ont adressé un kit « anti-contrôle au faciès ». Au Sénat, où Esther Benbassa (Europe Écologie-Les Verts) avait déjà déposé une proposition de loi sur les contrôles au faciès en novembre 2011, le centriste Yves Pozzo di Borgo prépare sa propre mouture « qui portera sur les contrôles au faciès et pas uniquement sur le récépissé », explique son assistante.

Quelques voix ont commencé à s'élever au PS, comme celle de Mathieu Hanotin, député de Seine-Saint-Denis, qui propose « une expérimentation (…) dans quelques villes volontaires » afin « d’évaluer les effets de cette politique sur la base de faits concrets et non d’idées reçues ». Proposition appuyée par un autre élu socialiste de Seine-Saint-Denis, le député Razzi Hammadi, dans une récente question écrite au ministre de l'intérieur. Martine Aubry, la maire de Lille, aurait proposé devant les jeunes socialistes d’expérimenter cette mesure dans sa ville.

Dans une tribune, Nassurdine Haidari, adjoint PS au maire du 1er et 7e arrondissement de Marseille, met quant à lui les pieds dans le plat, comparant l'attitude de Manuel Valls, « dans la méthode, à la partition très personnelle de Nicolas Sarkozy sous la présidence de Jacques Chirac». « En août 2011, au MJS nous avions proposé un “Pacte pour les jeunes” contenant huit mesures, dont la mise en place du récépissé, rappelle Thierry Marchal-Beck, président du Mouvement des Jeunes socialistes et co-auteur du livre Contrôle au faciès, comment en finir ?. Et tous les candidats à la primaire socialiste (dont Manuel Valls) sont venus devant nous pour dire qu’ils approuvaient ces huit mesures. »

Le rejet par le ministre de l'intérieur de la mesure, hautement symbolique, interroge en effet sur la stratégie du gouvernement. « Dans l'entre-deux tours des législatives, le premier ministre parle de récépissé, ce qui est quelque chose d'important pour avoir les votes des quartiers populaires, des minorités ethniques, etc., et quelques mois après le ministre de l'intérieur dit être contre, remarque Lanna Hollo. C'est grave ; comment le gouvernement peut-il ensuite espérer être pris au sérieux sur les questions d'inégalités, de discriminations et de justice sociale ? »
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 20 Sep 2012 - 13:34

Nul doute qu'on y va et à vitesse grand "V"...

Quelle société allons-nous laisser à nos enfants et petits-enfants ?
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 20 Sep 2012 - 21:48

MEDIAPART.
Contrôles d'identité: Valls enterre le
récépissé et s'en remet aux policiers
PAR LOUISE FESSARD
ARTICLE PUBLIÉ LE JEUDI 20 SEPTEMBRE 2012
Présentant mercredi 19 septembre les grandes
orientations de sa politique de sécurité face aux cadres
de la police et la gendarmerie, le ministre de l'intérieur
Manuel Valls a confirmé son opposition à l'idée d'un
récépissé remis à chaque contrôle d'identité. « Il ne
faut pas compliquer, de manière déraisonnable, le
travail des policiers et des gendarmes sur le terrain,
a-t-il déclaré à l'école militaire, à Paris. (Cette mesure)
serait beaucoup trop bureaucratique et lourde à
gérer, et porteuse de difficultés juridiques nouvelles
en termes de traçabilité des déplacements et de
constitution de nouveaux fichiers. »
Voilà donc l'idée officiellement enterrée par Manuel
Valls, sans même attendre, comme annoncé début
juillet par son cabinet, les résultats d'une étude
sur les expériences étrangères que le Défenseur des
droits, Dominique Baudis, doit présenter mi-octobre.
Dans ses mesures prioritaires, François Hollande avait
promis, avant fin juin 2012, une circulaire pour
lutter « contre le délit de faciès dans les contrôles
d'identité ». Sans donner plus de précisions.
Manuel Valls, le 19 septembre 2012 à l'Ecole militaire, Paris. © LF
Le 1er juin, entre les deux tours des législatives, le
premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait affirmé
que cette remise de récépissés à chaque personne
contrôlée était « en préparation ». Interrogé sur RTL
le 19 septembre, il s'en tient désormais à rappeler
que « l'engagement de François Hollande, c'est qu'il
doit être mis fin au contrôle au faciès ». « C'est un
engagement fort, (…) qui doit être tenu, comme tous
les autres », a précisé le premier ministre, affirmant
qu'il prendrait sa décision après la remise par Manuel
Valls d'un rapport « sur les différentes modalités pour
recréer de la confiance, éviter tout dérapage ».
Ce dernier s'en est remis le 19 septembre aux
responsables de la police et de la gendarmerie les
priant de « trouver les voies de (la) mise en oeuvre
concrète » de l'engagement du président. Il a ébauché
trois pistes : un rappel du « cadre strict des contrôles
d'identité par les directeurs généraux, y compris
s'agissant (…) du recours à la palpation de sécurité
», un code de déontologie « précisé » et « complété
», ainsi que le rétablissement « sur l'uniforme ou
le brassard (d')élément d'identification, comme le
numéro du matricule ».
Ecole militaire, le 19 septembre 2012. © LF
Pour les associations en pointe sur le sujet, la remise
d'un récépissé constituait pourtant une première étape,
insuffisante mais indispensable pour mieux cerner
l'usage des contrôles d'identité par les forces de l'ordre.
« Cette demande à la hiérarchie policière, c'est très
bien, mais cette hiérarchie, elle-même, a besoin de
données pour savoir comment les contrôles d'identité
sont mis en pratique sur le terrain, réagit Lanna Hollo,
représentante de la fondation Open Society Justice
Initiative à Paris. Comment peut-on espérer répondre
à un problème dont on n'a même pas pris la mesure ? »
En 2009, une étude du CNRS, financée par
cette fondation du milliardaire George Soros, avait
montré qu'à Paris, les Arabes et les Noirs avaient
respectivement 7,8 et 6,7 fois plus de chance d'être
contrôlés que les Blancs. Mis à part cette étude
effectuée sur cinq sites parisiens, il n'existe aujourd'hui
aucune donnée chiffrée sur les contrôles d'identité en
France, que ce soit du côté du ministère de l'intérieur
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr 2
2/3
ou de celui de la justice. Et pour cause, le contrôle
d'identité restant en France le seul acte policier sans
trace écrite...
Au Royaume-Uni, en revanche, une étude sur les
« Stop and search » menée tous les deux ans
par le ministère de la justice fournit des indications
intéressantes sur leur efficacité, même en dehors
de toute considération ethnique. Sur la période
2009-2010, plus de 1,1 million de personnes ont ainsi
été contrôlées en Angleterre et au pays de Galles, dont
près de la moitié par la MET, la police londonienne.
Environ 9 % de ces fouilles ont été suivies d'une
arrestation (contre 12 % en 2006-2007).
« Manuel Valls dit que les contrôles d'identité sont
essentiels, mais il ne sait même pas combien de
contrôles ont lieu chaque jour en France, quels sont
leurs motifs et combien d'affaires ils permettent de
résoudre, s'étonne également Sihame Assbague, une
des porte-parole du collectif Stop le contrôle au faciès.
Ces contrôles ont un coût, ils mobilisent des policiers,
et il est incroyable, de la part d'un ministre qui se dit
pragmatique, de ne pas vouloir savoir quelle est leur
efficacité. »
« Pas besoin de données ethniques, ni
nominatives »
Sur mediapart.fr, un objet graphique est disponible à cet endroit.
Face aux cadres de la police et de la gendarmerie,
Manuel Valls a insisté mercredi 19 septembre sur les
risques juridiques, et notamment de fichage ethnique
(sans jamais utiliser ce terme). « Partout où (la
remise d'un récépissé) existe, elle est associée à
une classification de la population incompatible avec
notre conception républicaine », a-t-il mis en garde.
Au Royaume-Uni, le reçu remis par les policiers lors
des « Stop and search » indique en effet l'origine
ethnique déclarée par la personne fouillée. Ce qui
a permis au rapport publié en octobre 2011 par
le ministère de la justice britannique de révéler
l'étendue des discriminations en la matière, ainsi que
l'augmentation, sur cinq ans, des contrôles visant des
minorités ethniques. Sur la période 2009-2010, les
personnes noires et asiatiques avaient respectivement
7 et 2,2 fois plus de chance d'être contrôlées que les
personnes blanches en Angleterre et au pays de Galles.
Début juillet 2012, la présidente de la Commission
nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) avait
également mis en garde contre la constitution de
fichiers et les risques de traçabilité des personnes. «
Une même personne, à cause ou grâce au récépissé,
pourrait être tracée de façon extrêmement efficace
dans le temps et dans l’espace. Deuxièmement, le
récépissé pourrait être utilisé à des fins d’enquête de
police judiciaire, donc nous, nous avons un petit peur
de ça », avait expliqué la présidente Isabelle Falque-
Pierrotin, interrogée à la sortie d'une conférence de
presse par RTL. Contacté par Mediapart, le service
de presse de la Cnil avait minimisé ces déclarations,
confirmant que la Cnil n'avait jamais été saisie
officiellement à ce sujet et qu'il y avait eu « un
emballement et une extrapolation ».
En Espagne, l'expérimentation à Fuenlabrada,
banlieue madrilène, de la remise d'un ticket à chaque
contrôle avait effectivement abouti à la création d'un
impressionnant fichier de données, potentiellement
utilisable lors d'investigations criminelles. « Les
formulaires permettent de savoir qui était avec qui
à quel endroit, à quel moment, et de faire ensuite
ces recoupements dans le fichier », expliquait en
novembre 2011, David Martin Abanades, un sergent
de police espagnol.
Mais ces craintes ont été prises en compte depuis
longtemps par le collectif Stop le contrôle au faciès,
qui propose que les policiers et gendarmes ne
conservent qu'un exemplaire anonyme du récépissé,
et sans aucune donnée ethnique. Ce qui, de facto,
empêcherait tout fichage ou traçabilité. « On n'a
pas besoin de connaître la couleur de peau des
gens ciblés par les contrôles, ni même de conserver
leur identité, explique Sihame Assbague. L'idée est
d'avoir un outil pour connaître le nombre de contrôles
d'identité réalisés, sur quelles zones géographiques et
leurs éventuelles suites juridiques. Avec par ailleurs
la possibilité pour les personnes contrôlées de saisir
une commission indépendante avec une preuve écrite
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si elles estiment qu'il y a abus. » Faute de trace écrite,
il est en effet aujourd'hui très difficile de contester un
contrôle d'identité.
Le collectif vise désormais les parlementaires à qui ils
ont adressé un kit « anti-contrôle au faciès ». Au Sénat,
où Esther Benbassa (Europe Écologie-Les Verts) avait
déjà déposé une proposition de loi sur les contrôles au
faciès en novembre 2011, le centriste Yves Pozzo di
Borgo prépare sa propre mouture « qui portera sur les
contrôles au faciès et pas uniquement sur le récépissé
», explique son assistante.
Quelques voix ont commencé à s'élever au PS, comme
celle de Mathieu Hanotin, député de Seine-Saint-
Denis, qui propose « une expérimentation (…) dans
quelques villes volontaires » afin « d’évaluer les effets
de cette politique sur la base de faits concrets et
non d’idées reçues ». Proposition appuyée par un
autre élu socialiste de Seine-Saint-Denis, le député
Razzi Hammadi, dans une récente question écrite
au ministre de l'intérieur. Martine Aubry, la maire
de Lille, aurait proposé devant les jeunes socialistes
d’expérimenter cette mesure dans sa ville.
Dans une tribune, Nassurdine Haidari, adjoint PS au
maire du 1er et 7e arrondissement de Marseille, met
quant à lui les pieds dans le plat, comparant l'attitude
de Manuel Valls, « dans la méthode, à la partition très
personnelle de Nicolas Sarkozy sous la présidence de
Jacques Chirac». « En août 2011, au MJS nous avions
proposé un “Pacte pour les jeunes” contenant huit
mesures, dont la mise en place du récépissé, rappelle
Thierry Marchal-Beck, président du Mouvement des
Jeunes socialistes et co-auteur du livreContrôle au
faciès, comment en finir ?. Et tous les candidats à
la primaire socialiste (dont Manuel Valls) sont venus
devant nous pour dire qu’ils approuvaient ces huit
mesures. »
Le rejet par le ministre de l'intérieur de la mesure,
hautement symbolique, interroge en effet sur la
stratégie du gouvernement. « Dans l'entre-deux tours
des législatives, le premier ministre parle de récépissé,
ce qui est quelque chose d'important pour avoir
les votes des quartiers populaires, des minorités
ethniques, etc., et quelques mois après le ministre
de l'intérieur dit être contre, remarque Lanna Hollo.
C'est grave ; comment le gouvernement peut-il
ensuite espérer être pris au sérieux sur les questions
d'inégalités, de discriminations et de justice sociale ? »
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MessageSujet: Re: Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...   Jeu 20 Sep 2012 - 21:56

19 septembre 2012 par Laurent BORREDON.

Contrôles d’identité, police-gendarmerie, renseignement: le programme de Valls
Le ministre de l’intérieur a présenté, mercredi 19 septembre, ses grandes orientations devant les hauts responsables de la police et de la gendarmerie, préfet de police, directeurs généraux, directeurs départementaux de la sécurité publique et commandants de groupement de gendarmerie. Après quatre mois consacrés à des visites de terrains, aux questions d’immigration, puis au lancement des zones de sécurité prioritaires, le ministre se devait de répondre à une certaine impatience et aux doutes sur son intention réformatrice, qui commençaient à apparaître. Il a reconnu "l'urgence" d'agir.

Durant cette grand messe, Manuel Valls a fermé certaines portes - les reçus de contrôle d’identité -, et en a ouvert d’autres - le redéploiement et les mutualisations entre police et gendarmerie ou la réforme du renseignement. Une manière d’élargir le débat, alors que la mise en place des zones de sécurité prioritaires (ZSP) a occupé une grande partie du début du mois.

Zones de sécurité prioritaires. Les ZSP "ne sauraient résumer la politique de sécurité que j'entends mettre en oeuvre", a-t-il affirmé. Elles "sont avant tout l’expression d’une méthode" et "ni l’alpha, ni l’oméga d’une politique". Elles sont surtout peu lisibles, c’est la rançon de leur mise en place décentralisée et de l’absence de renforts immédiats. A court terme, les postes supplémentaires - 288 pour la police, 192 pour la gendarmerie - y seront prioritairement affectés. Mais c’est peu.

Redéploiement police-gendarmerie. Pour dégager des effectifs et des moyens à un ou deux ans d’échéance, le ministre veut donc rationaliser la répartition entre les forces de police et de gendarmerie et poursuivre l’effort de mutualisation des moyens. Sous l’ère Sarkozy, une première phase ambitieuse (2003-2006) avait été suivie d’une seconde phase avortée (2009-2011). La Cour des comptes, en octobre 2011, avait jugé sévèrement le bilan de ces deux vagues : les redéploiements coûtent cher, en raison des mesures d’accompagnement social, et les mutualisations n’ont pas permis les économies attendues, sous l’effet des résistances internes.


Le ministre souhaite donc avancer vite mais sans heurts sur ce sujet politiquement et socialement sensible. Des propositions des deux directeurs généraux sont attendues "rapidement" pour lancer les premiers redéploiements dès la fin de l’année.Répondant à la question d'un gendarme, M. Valls a évoqué la possibilité du basculement de chefs-lieux de départements ruraux en zone gendarmerie, un tabou jusqu'ici. Il a également envisagé de confier, à plus long terme, un rapport à deux parlementaires, sur le modèle du rapport Hyest-Carraz (1998).

"L’équilibre global des forces sera maintenu, mais il n’y aura pas forcément de parité absolue en terme de population ou de nombres de zones couvertes", explique-t-on dans l’entourage du ministre, contrairement aux épisodes précédents, où elle avait été scrupuleusement respectée, au détriment de l’efficacité. En clair, localement, les équilibres pourraient être substantiellement modifiés : moins de policiers dans les départements ruraux, moins de gendarmes dans les départements fortement urbanisés.

Et cette fois-ci, les conditions pourraient être moins favorables aux personnels déplacés - le ministre compte sur la passerelle police-gendarmerie. Une forte pression devrait être mise sur les responsables de chaque force pour aboutir à des propositions de mise en commun des moyens. Au ministère, il se dit que la forte personnalité du nouveau secrétaire général, Didier Lallement, pourrait décourager les résistances traditionnelles.



Ca, ça va faire trés mal je pense !


Contrôles d'identité. M. Valls ne souhaite plus tergiverser sur un autre dossier politiquement chargé, la remise d’un récépissé lors des contrôles d’identité. Le ministre trouve "très difficile de retenir" la proposition : "Il ne faut pas compliquer, de manière déraisonnable, le travail des policiers et des gendarmes sur le terrain." Trop lourde, trop incertaine juridiquement. Le ministre veut donc préciser le cadre juridique dans lequel les contrôles sont effectués et propose de rétablir un élément d’identification, comme le numéro de matricule, sur l’uniforme.

M. Valls, sceptique, avait suspendu sa décision à la remise d’un rapport du Défenseur des droits sur les expériences étrangères de récépissé. Il n’a finalement pas attendu pour enterrer cette proposition du Parti socialiste, qui n’avait pas été reprise explicitement par le candidat Hollande (Le 30e de ses 60 engagements prévoyait : "Je lutterai contre le 'délit de faciès' dans les contrôles d’identité par une procédure respectueuse des citoyens").

Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait défendu à plusieurs reprises la mesure. Il n’a pas eu gain de cause. Interrogé sur RTL sur le fait que le récépissé était un engagement du président, il a répondu : "Non, non. L’engagement de François Hollande, c’est qu’il doit être mis fin aux contrôles au faciès." Jean-Marc Ayrault a ajouté qu’il avait demandé à M. Valls un "rapport sur les différentes modalités pour recréer de la confiance, éviter tout dérapage" lors des contrôles. "J’attends ses propositions et ensuite je prendrai ma décision", a-t-il assuré.

Statistiques de la délinquance. M. Valls a décidé d’avancer plus vite et de fixer un calendrier pour la réforme des statistiques de la délinquance. "A la politique du chiffre, je veux substituer une exigence de sécurité", a-t-il affirmé. L’objectif est ambitieux, il s’agit d’adopter un "nouvel outil de pilotage" dès le 1er janvier 2013, pour permettre de juger le bilan du quinquennat à l’aune de ces nouveaux indicateurs. Selon le ministre, un avant-projet, établi par les directions générales de la police et de la gendarmerie et par la préfecture de police, est prêt.

Une "large concertation" aura lieu, assure-t-il, avec l’Observatoire national de la délinquance (ONDRP), l’Insee, les parlementaires et des chercheurs. Les nouveaux indicateurs, "plus affinés", doivent permettre de faire un tri plus pertinent au sein de la catégorie "violences", notamment entre les violences intrafamiliales - dont l’augmentation traduit une meilleure mise au jour de faits existants - et violences"crapuleuses". Ils devraient également exploiter de manière plus importante les évènements enregistrés sans prises de plaintes (tapages, différends) et les interventions des policiers. Des indicateurs plus "qualitatifs" qui restent suspendus, pour partie, à la mise en place des nouveaux logiciels de rédaction de procédure. Or, dans la police, elle a pris du retard et ne devrait être effective que fin 2013

Pré-plainte en ligne. M. Valls a décidé de remettre au goût du jour la pré-plainte en ligne. Il souhaite la généraliser dès le 1er janvier, également. Reprenant en chemin, là encore, une réforme promue puis laissée en jachère par ses prédécesseurs.

Le ministre "assume" l'augmentation de la délinquance qui pourrait être liée à la transparence et à l'amélioration du recueil des plaintes et de la remontée des statistiques.

Renseignement et terrorisme. Manuel Valls a annoncé que le projet de loi antiterroriste rédigé avec la chancellerie sera présenté en conseil des ministres, le 3 octobre. Comme l’a annoncé le ministère de l’intérieur, dimanche 16, le texte doit renouveler les dispositions législatives qui permettent la surveillance préventive des données de connexion Internet et téléphonique dans un cadre administratif. Ces dispositions, temporaires, arrivaient à échéance le 31 décembre. Le texte doit aussi étendre la compétence des tribunaux français concernant les actes à caractère terroriste commis par des Français à l’étranger.

Concernant les services de renseignements et les leçons de l’affaire Merah, le ministre de l’intérieur souhaite "aller jusqu’au bout des réflexions déclenchées par l'affaire Merah". Les conclusions doivent être tirées d’ici un mois, une fois rendu le rapport de retour d’expérience confié à deux membres de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Mais, reconnaît-on Place Beauvau, "ce sera un travail de plusieurs mois, voire un ou deux ans" pour réformer toute la filière.

Le ministre souhaite revoir l'organisation de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et renforcer la sous-direction de l’information générale (SDIG, ex-RG), qui ne s’est jamais relevée de la réforme de 2008 et dont le "rôle ne saurait être réduit à la prévision d’ordre public et à la surveillance des manifestations de voie publique". Le tout, en intégrant les gendarmes dans le dispositif.
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MARSOUIN 26
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MessageSujet: Syndicats de police: Valls "veut aller vite"    Jeu 20 Sep 2012 - 22:50

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls "veut aller vite" pour mettre en oeuvre les différents chantiers prévus dans la police, ont affirmé jeudi à des journalistes les syndicalistes qui venaient d'être reçus place Beauvau.

"On a balayé tous les sujets", a déclaré Patrice Ribeiro, de Synergie (officiers), et si "on a fait un tour d'horizon assez large", a relevé Nicolas Conte (SGP-Unité police, gardiens), le ministre "veut aller assez vite sur le calendrier", a-t-il ajouté.

D'ailleurs, après une réunion prévue avec les syndicats le 4 octobre pour la présentation du budget de la mission sécurité, le ministre entend "bloquer toute une journée qui sera consacrée à tous les sujets", ont indiqué les deux hommes.

http://www.europe1.fr/Politique/Syndicats-de-police-Valls-veut-aller-vite-1246213
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Manuel VALLS, nouveau MININT - Parcours, paroles, décisions...
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