Gendarmes Et Citoyens

Créé le 1er avril 2007
 
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 SUICIDES ? PARLONS- EN !

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MessageSujet: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Mer 19 Aoû 2009 - 8:39

Rappel du premier message :

Ce sujet est des plus récurrent au sein des forces de l'ordre, bien qu'aucun battage médiatique n'en soit fait comme pour "FRANCE-TELECOM"...

Alors rompons le silence, parlons-en ouvertement et tentons d'inverser cette triste tendance en tendant l'oreille puis la main à tous ceux qui souffrent, dépriment et dépérissent en songeant à cette issue comme seule voie de soulagement...

http://gendarmes-en-colere.1fr1.net/t26583-vous-allez-mal-parlons-en#524852

Je modifie donc ce jour (24 août 2012), le premier post de ce sujet ancien, pour qu'il serve de lieu d'échanges et de débats "parallèle" au sujet " VOUS ALLEZ MAL ? PARLONS-EN ! ", sujet uniquement dédié quand à lui, à l'aide que nous pouvons apporter à celles et ceux qui en ont besoin.

Merci à vous, pour elles, pour eux.




====================================================================

J'avais écrit le 19 août 2009 : .....

Nous voyons actuellement Madame la garde des sceaux, s'émouvoir des quelques 80 suicides constatés en milieu carcéral cette année...

Combien de Gendarmes et de policiers se sont-ils donnés la mort dans le même temps, sans que personne au gouvernement ne s'en émeuve ?


Sans vouloir minimiser les drames vécus par les familles de détenus face à de tels gestes, car comme déjà dit, rien ne devrait justifier d'en arriver à de telles extrémités, il est quand même incroyable que ces mêmes situations subies au sein même de la fonction publique, ne motivent aucune réaction de nos dirigeants.

C'était juste mon petit coup de blues de ce matin. Bonne journée quand même.


Dernière édition par D'Artagnan Berrichon le Ven 24 Aoû 2012 - 15:41, édité 5 fois
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MessageSujet: Le suicide est la deuxième cause de mortalité des militaires français .....   Ven 3 Sep 2010 - 12:16

Le suicide récent d'un soldat français de 21 ans en Afghanistan, le troisième en bientôt neuf ans, est-il un événement isolé, un geste personnel et totalement détachable du service ? Ce n'est pas ainsi que les armées l'ont analysé, puisque celui-ci, survenu le 10 août, a été dûment reporté sur le site Web de l'état-major des armées, comme ceux qui s'étaient produits précédemment. Un observateur avisé note que les trois suicides survenus depuis 2001 en Afghanistan constituent un ensemble trop ténu pour pouvoir être analysé statistiquement, d'autant plus que, durant cette période, entre 45.000 et 50.000 militaires français ont été affectés sur ce théâtre d'opérations. Les militaires ne sont pas plus à l'aise que les civils avec le phénomène du suicide. Pour autant, il n'est plus tabou, et le quatrième rapport du Haut Comité d'évaluation de la condition militaire (se reporter page 99) montre que le nombre de suicides de militaires s'établit entre 23 et 37 chaque année de 1999 à 2008, avec un "pic" non expliqué à 56 en 2003.

L'étude la plus récente sur les causes de la mortalité survenant chez les militaires français en activité a été publiée par l'Institut de veille sanitaire (*) en novembre 2009 et porte sur une période de six ans (2002-2007). Les chiffres bruts sont les suivants : durant cette période, 2.115 décès de militaires ont été recensés dont 96 % concernent des hommes. À noter que, dans les armées, le taux de mortalité est 3,6 fois plus élevé chez les hommes (114 pour 100.000) que chez les femmes (31 pour 100.000). Les causes de ces décès (hors maladies), qui se produisent en moyenne à 37 ans, se répartissent ainsi : 25% d'accidents de la circulation, 21 % de suicides. Les autres types d'accidents en service (11 %) viennent ensuite et, très loin derrière, les morts au combat (1 %). Compte tenu du faible taux de féminisation des armées (13 %), cette étude compare les causes des décès de militaires à celles de la population française masculine.

Globalement, les morts accidentelles (parmi lesquelles les statistiques médicales placent les morts au combat) ou volontaires, représentent 58 % des décès de militaires. Les 42 % restants sont causés par les maladies.

Hommes et femmes ne sont pas égaux face au suicide

Concernant les suicides, qui sont l'objet de cet article, 428 militaires ont été concernés entre 2002 et 2007, soit un taux de 21 pour 100.000. Il est près de quatre fois plus élevé chez les hommes (23 pour 100.000) que chez les femmes (8 pour 100.000). Et le suicide est même la première cause de mortalité chez les militaires de 35 à 44 ans. Pour autant, les auteurs de l'étude notent que la mortalité par suicide dans les armées est 20 % plus faible que dans la population active masculine civile, mais aussi qu'"un sur-risque de mortalité par suicide non statistiquement significatif apparaît chez les militaires masculins de 17 à 19 ans".

Dans la population "générale", une étude réalisée entre 1999 et 2003 par l'Organisation mondiale de la santé (**) révèle que 9 % des femmes et 6 % des hommes de 18 ans ou plus, habitant en France métropolitaine, ont tenté de se suicider. En France, 10.000 suicides sont officiellement recensés chaque année. Une étude réalisée sur l'année 2002 révélait le chiffre très élevé de 195.000 tentatives de suicide ! Comme si toute la population du 20e arrondissement de Paris avait tenté de mettre fin à ses jours...


(*) Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n° 44-45, 24 novembre 2009
(**) Citée par Marie-Claude Mouquet, Vanessa Bellamy, Valérie Carasco : Suicides et tentatives de suicide en France, Études et Résultats n° 488, ministère de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, mai 2006.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/le-suicide-est-la-deuxieme-cause-de-mortalite-des-militaires-francais-02-09-2010-1231819_53.php
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Komugi chan
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Ven 1 Oct 2010 - 14:29

Excellent reportage hier dans Envoyé Spécial sur les méthodes de management du personnel à France télécom : "Que s’est-il passé à France Telecom ?"

"Plusieurs dizaines de suicides marquent l’histoire de France Télécom depuis 2 ans. Que se passe-t-il au sein de cette entreprise de plus de 100.000 personnes, fleuron de l’industrie française ? Au travers de témoignages et de documents inédits, nous découvrons un système de management mis en place dès 2004 dont le but était d’inciter au départ 22.000 personnes en 3 ans. Les salariés ont été soumis aux mutations forcées, à de nouveaux métiers sans formation, ou à des suppressions de postes non négociables. Et les dirigeants de France Télécom semblaient avoir tout prévu, y compris les dégâts psychologiques sur les salariés."


Reportage visible à http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=reportage&id_rubrique=1733

et à http://info.francetelevisions.fr/video-info/xap-holder.php?id=vDoKitObjectPopIn&type=application/x-silverlight&source=http://info.francetelevisions.fr/video-info/player_sl/FTVIPlayerLight.Silverlight.v3.xap&splashScreen=http://info.francetelevisions.fr/video-info/player_sl/splash.xaml&background=333&initParams=divId=vDoKitObjectPopIn,idContent=manuel_envoyespecial_sujet2_20100930_62_30092010234620_F2,ids=,chaine=,idCategory=,mode=full,mot-cle=,timeCode=false,sequence=false&provenance=http%253A%252F%252Finfo.francetelevisions.fr%252F

Ce reportage démontre que les raisons évoquées devant le nombre de dépressions et de suicides par les hiérarchies qui en rejettent la responsabilité sur la faiblesse, la fragilité psychologique, etc., des salariés, sont sans fondement, et que ce nombre de dépressions et de suicides est bien la conséquence directe de ces méthodes de management.

Le diagramme de la société de coaching Obifive




utilisé pour mettre en place ce management démontrent que les dégâts humains étaient programmées: les cadres qui les appliquent touchent de l'argent pour chaque départ, autrement dit, ils sont payés pour détruire psychiquement les salariés.

Questions:
- Comment se fait-il que la direction du travail, qui est responsable de l'agrément des centres de formations, autorise de telles méthodes sectaires et des comportements de voyous de la part des entreprises ?
- Comment se fait-il que le ministre du travail les cautionne, alors qu'elles mettent en péril les citoyens, et qu'il les utilise lui-même, et bien avant 2004, pour réduire les effectifs des services publics ? Le diagramme d'Obifive est "soft" à côté des méthodes de hacèlement institutionnalisé dans les services publics : http://pagesperso-orange.fr/christian.crouzet/smpmp/images-SMT/Harcelement.pdf

- Comment se fait-il que les syndicats soient si tolérants ? Nous sommes en 2010, voilà six ans que ces méthodes sont appliquées à FT, et depuis bien plus longtemps ailleurs. Les syndicats, toutes corporations confondues, et toutes étiquettes politiques confondues également, auraient pu informer les salariés dès le départ, ce qui aurait été le minimum pour des syndicats: or ils ont laissé faire. Quand ils sont saisis par des salariés du public en butte à ces méthodes, leur seule réponse est "On ne peut rien faire".

Des plaintes ont été déposées pour mise en danger de la vie d'autrui à l'encontre de France télécom. Or il ne s'agit pas de mise en danger non intentionnelle, mais délibérée, il s'agit également de provocation au suicide , et de meurtre.

Condamner le seul directeur de France télécom ne sert à rien tant que ces méthodes continuent d'être appliquées ailleurs, et que les sociétés de coaching et de management qui les enseignent sont employées officiellement, et payées avec l'argent public.

Utilisées à l'égard les gendarmes et des fonctionnaires de police, à savoir contre les gens chargés d'assurer la sécurité du pays et des citoyens, elles constituent une atteinte à la sécurité de ceux-ci, mais également du pays et de l'ensemble des citoyens. Les ministères qui les institutionnalisent mettent sciement en danger la vie des membres des forces de sécurité dont ils ont la responsabilité. Dans le cadre d'une planification de la disparition de la sécurité publique au bénéfice de la sécurité privée, ils reproduisent le même schéma que celui appliqué par France Télécom et devraient être passibles des mêmes sanctions.

Voir également
- Le plan Next ou le harcèlement organisé de France Télécom

- l'article des Inrockuptibles : Humiliation, dépression, démission: l'offre triple play de France Télécom

- Rue 89: Stage France Telecom : « courbe du deuil » et casse du salarié http://eco.rue89.com/2010/10/01/stage-france-telecom-courbe-du-deuil-et-casse-du-salarie-169002

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MessageSujet: Strasbourg - Suicide d'un médecin: plainte familiale.   Ven 1 Oct 2010 - 19:20

La famille d'un médecin du travail strasbourgeois qui s'est suicidé entre samedi et lundi va porter plainte pour harcèlement moral en début de semaine prochaine, ont annoncé ses avocats vendredi à Strasbourg. Le docteur Marie-Magdeleine Gressé, 59 ans, a mis fin à ses jours d'une injection létale à son domicile de Strasbourg, ont précisé Me Emmanuel Rodriguez et Me Laurent Hincker. Son dernier contact avec ses proches remonte à samedi et son corps a été découvert lundi.

L'autopsie pratiquée sur le corps a confirmé l'hypothèse du suicide, selon le parquet.
"Nous allons déposer une plainte contre X au nom de la famille afin qu'une enquête soit diligentée pour déterminer si des pressions ont été exercées sur le Dr Gressé, et si oui par qui", a déclaré Me Rodriguez lors d'une conférence de presse. Employée de l'association Alsace santé au travail (AST 67), le médecin a laissé une lettre qui témoigne selon les avocats de sa souffrance subie dans son travail. "Ne pleurez pas, je suis mieux que soumise à la torture d'AST 67. Merci de faire le nécessaire pour que dans un premier temps au moins la justice mette en prison les meurtriers d'AST 67", écrit-elle dans ce courrier partiellement communiqué à la presse.

Contacté par l'AFP, le directeur de l'association, Christian Deschamps, s'est déclaré "surpris et choqué" par ce suicide et a nié toute pression d'AST 67 sur le médecin.
Mme Gressé, qui était en arrêt maladie depuis un mois, intervenait pour le compte de son employeur à France 3 Alsace, Arte et à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Selon les avocats et des témoins présents à la conférence de presse, le médecin pourrait avoir subi des pressions pour avoir dénoncé trop vivement les situations de malaise au travail qui lui étaient rapportées. "Elle m'avait fait part de la pression qu'elle subissait de la part des entreprises où elle intervenait, et de ses problèmes avec son employeur principal", a déclaré le Dr Olivier Gosselin, qui "travaillait depuis de longues années" avec le Dr Gressé.

Plusieurs représentants syndicaux de France 3 Alsace ont décrit une situation particulièrement tendue dans l'entreprise. Michel Di Venanzio, délégué du personnel CGT, a évoqué un climat de "crise", avec "beaucoup de salariés en situation de souffrance". Il a aussi parlé des "pressions" exercées par "certaines entreprises", dont la sienne. La direction de France Télévisions Nord-Est a salué dans un communiqué la mémoire du Dr Gressé, et indiqué que le groupe soutiendrait "toute démarche allant dans le sens de la recherche de la vérité".

Pour Me Hinckert, par ailleurs président de l'Observatoire européen de la souffrance et du harcèlement moral au travail, le suicide de Mme Gressé éclaire le malaise d'une profession dont l'indépendance est remise en question et qui a de plus en plus de mal "à aller jusqu'au bout de son travail". Le syndicat FO a estimé que le geste du docteur Gressé était "un symbole pour une profession en voie de disparition, dernier rempart dressé entre les travailleurs et le mal-être au travail".

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/10/01/97001-20101001FILWWW00597-suicide-d-un-medecin-plainte-de-la-famille.php
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Ven 1 Oct 2010 - 19:42

Komugi chan a écrit:
Excellent reportage hier dans Envoyé Spécial sur les méthodes
de management du personnel à France télécom :
"Que s’est-il passé à France Telecom ?"
"Plusieurs dizaines de suicides marquent l’histoire de France Télécom depuis 2 ans.


Que se passe-t-il au sein de cette entreprise de plus de 100.000 personnes,
fleuron de l’industrie française ?
Au travers de témoignages et de documents inédits, nous découvrons un système de management
mis en place dès 2004 dont le but était d’inciter au départ 22.000 personnes en 3 ans.

Les salariés ont été soumis aux mutations forcées, à de nouveaux métiers sans formation,
ou à des suppressions de postes non négociables.
Et les dirigeants de France Télécom semblaient avoir tout prévu, y compris les dégâts psychologiques
sur les salariés."
....................................

Très instructif en effet ce reportage ...

Que de chemin parcouru par ce "fleuron de l'industrie française" !
Les personnes de plus de 57/60 ans se souviennent probablement d'une vieille plaisanterie basée sur le sigle PTT :
"petit travail tranquille", en lieu et place de "Poste, Télégraphe, Téléphone" !

Certains se souviendront aussi du recrutement intensif, mis en place dans les années 60, pour absorber une part
non négligeable des Français d'Algérie, rapatriés massivement et brutalement en métropole.

Dans les années 80/90, il m'est arrivé de constater, personnellement, des abus commis par des personnels,
pas vraiment surchargés de travail et pas toujours regardants avec l'utilisation de véhicules de service ...

Je rappelle cela, non pour enfoncer les malheureux salariés actuels de France Télécom, mais pour bien souligner,
qu'une fois encore, dans notre doux pays, on est passé d'un extrême à l'autre,
avec une brutalité qui n'a rien à envier à certains pays totalitaires.

Au début des années 2000, après diverses opérations financières, France Télécom s'est retrouvée
dans une situation difficile.
Le reportage montre bien, qu'à partir de 2004, un nouveau "système de magement" a tout fait
pour éliminer inciter au départ 22000 personnes.

Est-ce cela le progrès attendu au XXI ème siècle ?...
Quand, d'un côté, la société exagère souvent par un excès de protection de l'individu
(voir l'inflation de lois et règlements en tous domaines),
tandis que d'un autre côté, au nom du libéralisme et de la toute puissante loi des marchés,
on traite des personnels salariés avec une dureté qui n'a rien d'humain !...

Chacun doit prendre le temps de réfléchir à ces problèmes de société.
Aujourd'hui, c'est France Télécom et d'autres entreprises qui sont dans la tourmente ...
Et demain, à qui le tour ?
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MessageSujet: Un policier se suicide au siège de la PJ parisienne.   Lun 4 Oct 2010 - 18:33

"""""""""

Un gardien de la paix affecté à la brigade des stupéfiants de la police judiciaire parisienne a mis fin lundi matin à ses jours, dans ces locaux, "pour des raisons d'ordre privé".""""""""""""



Les suicides dans la police sont un problème récurrent. En 2008, un Comité central d'Hygiène et de Sécurité s'était à nouveau penché, au ministère de l'Intérieur, sur la question après que des syndicats de police se furent inquiétés d'un "pic" observé, selon eux, début 2008. Le Directeur général de la Police nationale, Frédéric Péchenard, avait fait état d'une étude sur ce sujet portant sur les années 1999 à 2008, évoquant de 39 à 55 suicides par an qui avaient de "multiples origines", liés à des "circonstances extérieures", le plus souvent d'ordre privé, mais parfois aussi au travail et à son stress. Ce sujet était devenu brûlant dans les années 1990 où des vagues de suicides avaient été enregistrées. En 1996, une étude sans concession avait ainsi été menée par des psychologues après la révélation d'un "pic" de près de 70 suicides, jamais atteint depuis, selon l'administration policière.

Des sources policières n'ont pas fait état d'une augmentation récente ces derniers mois. Le phénomène touche également les gendarmes - de statut militaire, ils n'ont  pas de syndicats - parmi lesquels une trentaine de suicides par an sont recensés, selon des sources internes.



http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2010-10/un-policier-se-suicide-au-siege-de-la-pj-parisienne-6087999.html
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MessageSujet: Suicides : les policiers poussés à bout.   Mar 5 Oct 2010 - 18:04

Suite au suicide d’un policier de la PJ à Paris lundi, GazetteInfo fait le point sur ce phénomène récurrent avec Frédéric Paillard, représentant régional du syndicat de police Alliance.

« On va dire que ça en fait un de plus… » Frédéric Paillard livre une première réaction fataliste au moment d’apprendre le suicide d’un policier de la police judiciaire de Paris lundi sur son lieu de travail et à l’aide de son arme de service. « C’est dramatique. Le fait que cela se passe sur le lieu de travail, ça laisse des traces indélébiles. On le prend comme quelque chose qui s’est passé dans la famille » explique le représentant régional du syndicat de police Alliance. Comme souvent, l’invocation de la raison personnelle est de mise. Un moyen de se dédouaner ? « Quand ça ne va pas au travail, cela rejaillit automatiquement sur la sphère familiale. C’est plus facile de dire que c’est pour raisons personnelles. Ils sont confrontés à des scènes de violence et des situations assez particulières et troublantes. Donc forcément, quand le collègue rentre à la maison, il n’y a pas forcément de coupure qui se fait. Toutes les contrariétés qui peuvent apparaître font qu’il puisse péter les plombs… »

Mauvaises conditions de travail, stress
et manque de considération

Souvent mal considéré par les citoyens, le positionnement du policier dans la société est particulier. « C’est vrai, il existe un manque de reconnaissance et une défiance d’une partie de la population. On est vu soit comme l’ennemi, soit comme l’empêcheur de tourner en rond ou encore comme le justicier. Quand un collègue a un problème, on n’hésite pas à parler de bavure… » Le malaise est profond et le nombre de suicides restent élevé au sein de la police nationale. Une cinquantaine en 2009, bien loin des 70 suicides de l’année noire 1996. Mais on reste tout de même à une fréquence d’un suicide par semaine.

PS : Peu après notre entretien avec Frédéric Paillard, nous apprenions qu’une gardien de la paix de Montpellier s’était suicidée à son domicile à l’aide de son arme de service.

http://www.leparisien.fr/montpellier-34000/une-policiere-de-montpellier-se-suicide-avec-son-arme-de-service-05-10-2010-1096601.php

http://www.gazetteinfo.fr/2010/10/05/suicides-les-policiers-pousses-a-bout/
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 14 Oct 2010 - 15:28

Ivan ILLICH, prêtre catholique issu d'une famille de juifs russes installés en Autriche, a longtemps étudié les comportements des enfants et a publié de nombreux ouvrages comme "un société sans école" ou "le chômage créateur". Hommes de toutes les cultures, ce penseur considéré comme subversif renonce au sacerdoce et crée au Mexique, en 1960, le centre de documentation de Cuernavaca, spécialisé dans l'analyse critique de la société industrielle. Dans son discours: "pas besoin de stratégie politique pour faire la révolution", il appelle l'homme à créer un espace de travail dont la principale préoccupation serait la convivialité.
A partir de la convivialité, et non du rendement, il pene que l'humain trouvera de lui-même l forme de participation à l production qui lui convient le mieux.
La loi d'ILLICH peut s'exprimer ainsi: "si l'on continue d'appliquer une formule qui marche, elle finit par ne plus marcher dutout".
Pourtant, dans le domaine de l'économie, on avait pris l'habitude de croire qu'en doublant la quantité de travail agricol on doublait la quantité de blé. Dans la pratique cela fonctionnejusqu'à une certaine limite. Plus on approche de cette limite, moins l'ajout de travail devient rentable. Et si on dépasse, on rentre carrément dans les rendements décroissants. Cette loi peut s'appliquer au niveau de l'entreprise, mais aussi au niveau de l'individu. Jusque dans les années 60, les daeptes de Stakhanov pensaient que pour augmenter lla rentabilité il fallait augmenter la pression sur l'ouvrier. Et que plus celui-ci subit de pression pus il est performant. En fait cela fonctionne jusqu'à un point que la loi d'ILLITCH peut définir. Au delà, toute dose de stress supplémentaire sera contre-productive, voir destructive.

A MEDITER
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MessageSujet: Les suicides facilités par les armes de service ?   Ven 22 Oct 2010 - 12:43

http://www.20minutes.fr/article/611609/article.php
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Ven 22 Oct 2010 - 13:12

pour en revenir au post initial :

80 suicides dans le milieu carcéral ????? : XXXXXXXXXXXXXXXXXXXX........

De Modération : Excel, tu pousses le bouchon.
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MessageSujet: Lille: un policier se tue sur son lieu de travail avec son arme de service   Jeu 18 Nov 2010 - 19:16

Un gardien de la paix âgé de 29 ans s'est donné la mort jeudi avec son arme de service dans un vestiaire de l'hôtel de police de Lille-Sud, rapporte le site de La Voix du Nord . Affecté à la police des frontières, il s'était marié depuis peu, selon le journal en ligne. Ses collègues n'ont pas perçu chez lui de signes de dépression.

http://news.google.fr/news/url?sa=t&ct2=fr%2F0_0_s_5_0_t&ct3=MAA4AEgFUABgAWoCZnI&usg=AFQjCNFWTRJbkU8ObG8pB3TXnWNUoaV25g&cid=17593566844175&ei=MU3lTLD-JI_ljgfGjOaMAQ&rt=SEARCH&vm=STANDARD&url=http%3A%2F%2Fwww.lejdd.fr%2FSociete%2FFaits-divers%2FDepeches%2FUn-policier-lillois-se-suicide-sur-son-lieu-de-travail-234670
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 18 Nov 2010 - 19:22

bien triste nouvelle.
sincères condoléances.
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 18 Nov 2010 - 19:52

Sincères condoléances à sa famille ses amis et ses collègues.
Aucune administration n'a le monopole du désespoir qui pousse à l'extrême.
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 18 Nov 2010 - 21:53

Sincères condoléances à sa famille et proches
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Ven 19 Nov 2010 - 23:20

Sincères condoléances à ses proches.

Apparemment ce serait un problème de couple.

Mais de nombreuses fois, cela vient du boulot, de la pression hiérarchique et de la misère sociale côtoyée tous les jours Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Sam 20 Nov 2010 - 0:13

Les suicides en gendarmerie sont "répertoriés" depuis 1993, la moyenne nationale serait de 1.8%, le record est détenu par la région haute-normandie, le département de l'eure avec 2.5%.
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MessageSujet: Les suicides de magistrats inquiètent    Sam 20 Nov 2010 - 12:30

""""""""""""Evoquée par Christophe Régnard, cette question des suicides de magistrats a aussi été soulevée à plusieurs reprises par des adhérents et délégués régionaux du syndicat, dont environ 200 étaient venus à Rennes hier et aujourd'hui pour leur congrès annuel.

Combien? a demandé un participant. "Au moins quatre ou cinq depuis début 2010", lui ont répondu les membres du bureau. C'est au moins le double de ce dont ils avaient eu connaissance les années précédentes.

Qui? a questionné un autre. Pas de noms, pas de détails, l'affaire est sensible, difficile à aborder. "Ce sont tous des hommes, magistrats du siège - juges d'instruction et autres", a juste répondu Catherine Vandier, vice-présidente de l'USM.

Aucun suicide signalé parmi des magistrats du parquet? "Peut-être parce qu'ils travaillent plus en équipe, sont moins isolés", a supposé la responsable syndicale.
Catherine Vandier reste prudente dans l'analyse des chiffres. Mais elle s'interroge, évoque les suicides chez France Télécom, Renault... Peut-être que les familles sont moins réticentes qu'auparavant à parler du suicide d'un proche...

Selon elle, "tout comme un médecin n'est pas censé être malade, un magistrat, amené à juger des gens, n'est pas censé être mal dans sa tête". "Si un magistrat souffre, il n'a pas le droit de le dire". Alors le stress s'accumule, puis l'épuisement, la dépression. Le métier est difficile, "techniquement" et "humainement", a souligné Christophe Régnard. "On est souvent mal aimé. Quand on prend une décision, on fait souvent deux mécontents", a-t-il constaté. Un juge assume de grosses responsabilités, lorsqu'il envoie des gens en prison ou les en fait sortir, retire un enfant à ses parents, ordonne l'expulsion d'une famille de son domicile...

Certes, "c'est la grandeur de notre tâche, l'intérêt de notre métier", a dit le président de l'USM. """""""""""""

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/11/20/97001-20101120FILWWW00293-les-suicides-de-magistrats-inquietent.php
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Sam 29 Jan 2011 - 12:31

cti 41 a écrit:
Pourquoi la Police communique sur ces chiffres et pas la Gendarmerie. Il faut croire que dans une corporation les gens sont plus "solides" que dans l'autre pour pouvoir "entendre" qu'il y a plus de suicides chez eux que chez France telecom par exemple.
Sujet sensible s'il en est, on divise, malaxe et triture les chiffres pour que leur impact soit moindre.

Il serait d'ailleurs souhaitable, à mon avis, que ce sujet soit "fusionné" avec celui que j'avais initié voici maintenant un bon moment, pour éviter également " l'éparpillement " des réflexions de chacun sur "les suicides", ce qui ressemble un peu à ce que fait justement la Gendarmerie en la matière...

"SUICIDES ?" sujet ayant suscité plus de 11.000 lectures,
"SUICIDES EN GENDARMERIE" sujet ayant été lu plus de 8.000 fois.

Je pense que tout le monde y gagnerait en lisibilité en joignant ces deux sujets, tant ceux de la DG qui viennent ici prendre la température, que le visiteur lambda qui verrait ainsi ses recherches simplifiées.

Maintenant, l'efficacité est normalement le but poursuivi par ceux qui détiennent un pouvoir quelconque, mais vu la nature des décisions que l'on voit tous les jours, prises en tout domaine, on finit réellement par en douter !


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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Dim 30 Jan 2011 - 19:12

Bjr,

Hello le mousquetaire. A quand la fusion ?
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MessageSujet: Crises suicidaires dans la police et la sécurité des citoyens   Lun 4 Avr 2011 - 22:36

Dans leur grande majorité, les policiers éprouvent un sentiment de non reconnaissance, ce que confirment les experts, journalistes et syndicats.

Être policier aujourd’hui, c’est faire l’apprentissage du sentiment d’impuissance, de frustration, parfois de colère. A l’image de certains salaries du privé, les fonctionnaires de police souffrent eux aussi d’un rétrécissement de leur espace d’épanouissement professionnel. Les crises suicidaires traduisent alors souvent dans leur fatalité un niveau élevé de risques psychosociaux. LGO donne la parole à Jean-Claude Delgenès, Directeur général de Technologia, un grand habitué des questions de sécurité au travail, déjà auteur d’une étude sur les conditions de travail des journalistes à paraître bientôt.

Être policier aujourd’hui, c’est faire l’apprentissage du sentiment d’impuissance, de frustration, parfois de colère. A l’image de certains salaries du privé, les fonctionnaires de police souffrent eux aussi d’un rétrécissement de leur espace d’épanouissement professionnel. Les crises suicidaires traduisent alors souvent dans leur fatalité un niveau élevé de risques psychosociaux.

Par Jean-Claude Delgenès, Directeur général de Technologia.

La Police Nationale a connu à plusieurs reprises des pics suicidaires élevés. Plus particulièrement en 1996, où une vague importante de suicides a été constatée. Cette année-là, environ 70 décès ont été recensés. En 2008, à nouveau, on a compté 50 suicides dans l’année pour un effectif d’environ 145.000 policiers relevant du ministère de l’Intérieur : un taux de 35 pour cent mille qui représente une surmortalité par rapport à la population générale.

Il est difficile d’évaluer précisément l’incidence d’un contexte personnel ou professionnel dans un passage à l’acte suicidaire. Mais il est important de pouvoir estimer les liens existants entre le cadre professionnel et la situation personnelle. C’est pour cela que l’augmentation du nombre de suicide chez les policiers a provoqué une forte demande de prévention de la part de l’ensemble des acteurs du dialogue social : la direction, les services de santé au travail et, au premier chef, les représentants du personnel.

Et pourtant, tout concourt à masquer cette réalité. Chacun fait comme si les policiers relevaient de forces anonymes, disponibles ou mobilisables au gré des besoins politiques. Il est vrai que la présidentielle de 2012 est déjà en ligne de mire. Avec cet événement majeur réapparaissent des stratégies politiques consistant à mettre en avant les problèmes de sécurité pour tenter d’infléchir le vote des citoyens. Les séquences médiatiques sécuritaires se succèdent et questionnent les moyens mobilisés pour assurer l’ordre social. Chaque force politique avance son projet.

Il n’y a qu’un problème à cette situation : on oublie le plus souvent de poser une question pourtant centrale. Celle du moral ou du mal-être des personnes en charge de cet ordre public, policier et gendarmes. Or, ces corps de fonctionnaires sont aujourd’hui traversés par une forte progression des risques psychosociaux. Tentons alors d’en démêler les causes. Et d’évaluer le rapport qu’entretiennent les policiers avec leur travail.

Dans leur grande majorité, les policiers éprouvent un sentiment de non reconnaissance des particularités et difficultés du métier qu’ils exercent. Tant au niveau des décideurs que de la part des citoyens. A qui veut bien les écouter, les policiers parlent de situations récurrentes de rejet et de surtension au travail.

Flexibilité psychologique et esprit de corps Celui-ci, souvent dense, requiert de grandes qualités d’adaptation. En effet, certains policiers en particulier ceux qui travaillent en brigade, passent dans une même journée de l’« assistance sociale » au maintien de l’ordre. On mesure mal la portée et l’exigence quotidienne d’une telle flexibilité psychologique et émotionnelle. D’autant plus que les situations rencontrées sont non seulement diverses mais ont eu tendance à se dégrader au cours des dernières années.

Ce sentiment de non-reconnaissance d’un métier objectivement difficile participe à la dégradation de l’image de soi. Pourtant, nombre de policiers ont choisi ce métier en raison de sa noblesse, allant de la protection des plus faibles au renforcement de la sécurité de chacun. Or, plus un métier est choisi en fonction de valeurs morales fortes, plus la confrontation à la réalité du terrain entraîne, un risque d’épuisement professionnel ; le burn-out qui est aussi un facteur annonciateur d’un risque suicidaire.

Par ailleurs, comment est perçue la qualité du travail effectué par la police ? Une mission bien accomplie passe souvent totalement inaperçue. C’est même la plupart du temps le cas. Ce qui se remarque, au contraire, appartient plus à la répression des troubles à l’ordre public qui n’est cependant qu’un versant du métier. C’est alors l’aspect répressif, en particulier dans le domaine de la circulation automobile, qui est le plus visible mais aussi le plus rejeté par une majorité de la population. En France, les citoyens aiment les policiers de série tv mais semblent rejeter « les flics » de terrain.

Le sentiment de ne pas être reconnu dans toutes les dimensions de son métier, ou tout simplement de ne pas être « aimé », peut amplifier chez certains individus fragilisés un sentiment de solitude ou d’isolement. La pensée qu’il vaut alors mieux mourir plutôt qu’être aussi seul chez soi et au travail ne se cache jamais très loin…

D’autant plus que les mobilités géographiques arrachent les individus à leur territoire, à leur famille et à toute une sociabilité qui les protège naturellement. Cette solitude se trouve parfois prise en charge et relativisée par un important esprit de corps. Celui-ci reste heureusement un facteur de protection. Dans une activité où les collègues sont fortement solidaires les uns des autres, la représentation du métier et les valeurs qui y sont associées priment sur l’individualisme. C’est heureux.

L’arme de service et la présence de la mort Au delà de la reconnaissance et de la solitude, deux autres aspects propres au métiers de policier doivent être analysés. Le rapport qu’entretient le policier avec la mort – la sienne et celle de l’autre – et le rapport qui se noue autour son arme de service.

Jean-Claude Delgenès est fondateur et Directeur général du groupe Technologia (conseil et ingénierie en prévention des risques professionnels, depuis 1989). Chargé de mission au ministère de l’Industrie (1984-86), Directeur adjoint de l’Institut de recherche économique et sociale (Ires) (1986-89), Fondateur et Directeur de la revue Tribune des mémoires et thèses et Président de l’Institut européen de valorisation de la recherche (Ivar) à l’université Paris*IX-Dauphine (1989-91). Il est aussi directeur de la collection « Autre regard » aux éditions Henri Veyrier (1985), Auditeur du Cycle des hautes études pour le développement économique (Chede) (2007) et enseignant à l’université Paris Dauphine (prévention des risques). Contact : jcdelgenes@intec-corporate.com ainsi que sur le site de Technologia.

http://www.lesgrandesoreilles.com/2011/04/04/crises-suicidaires-dans-la-police-et-la-securite-des-citoyens/
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MessageSujet: France Telecom - Un suicide classé maladie professionnelle    Dim 10 Avr 2011 - 12:31

L’assurance-maladie a reconnu que le travail était responsable du décès par pendaison d’un employé de France Télécom en 2009, révèle le Journal du Dimanche.

Le suicide peut être une maladie professionnelle. C’est ce qu’a admis le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Besançon (Doubs), révèle le Journal du Dimanche. Le Comité s’était penché sur le cas de Nicolas Grenovielle, un salarié de France Télécom qui s’était pendu dans la nuit du 10 au 11 août 2009.

Cette décision a été notifiée à la famille par la Caisse primaire d’assurance maladie le 30 mars. L’entreprise dispose de deux mois pour la contester.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/10/97002-20110410FILWWW00047-un-suicide-classe-maladie-professionnelle.php
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Mer 27 Avr 2011 - 23:11

Bonsoir,

Relevé dans Gend Info à une époque où les chiffres étaient communiqués :

..............................1982..........1983..... 1984........1985....... 1986.......1987...... 1988...... Total
Suicides.....................25.............. 21.........24............31...........28...........34..........23......186
Tentatives..................28...............67.........60............53...........48...........63..........49..... 368

De 1948 à 1968, par rapport à la population française, le taux de suicides en gendarmerie est toujours inférieur à la moyenne nationale sauf en 1955 (très supérieur) et dans la moyenne ou très proche en 1968, de 1971 à 1974, en 1985 et 1987
Le taux est très inférieur à la moyenne nationale en 1952, 1953, 1964, 1969, 1970 et 1977.


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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 28 Avr 2011 - 0:33

Bonsoir JP
Juste une question, est on certains que les chiffres donnés correspondaient à la réalité.
Actuellement comment arrive-t-on a déterminer qu'un suicide est lié au service ou non.
Un gars qui a des gros soucis financiers ou familiaux qui se donne la mort parce que l'environnement est défavorable et qu'il n'obtient pas l'aide et l'écoute qui pourrait lui permettre d'éviter de passer à l'acte peut il être considèré comme un suicide lié au service ???
C'est un cas d'école mais on pourrait certainement en trouver d'autres.
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 28 Avr 2011 - 0:43

GENDSTAS a écrit:
Bonsoir,

Relevé dans Gend Info à une époque où les chiffres étaient communiqués :

..............................1982..........1983..... 1984........1985....... 1986.......1987...... 1988...... Total
Suicides.....................25.............. 21.........24............31...........28...........34..........23......186
Tentatives..................28...............67.........60............53...........48...........63..........49..... 368

De 1948 à 1968, par rapport à la population française, le taux de suicides en gendarmerie est toujours inférieur à la moyenne nationale sauf en 1955 (très supérieur) et dans la moyenne ou très proche en 1968, de 1971 à 1974, en 1985 et 1987
Le taux est très inférieur à la moyenne nationale en 1952, 1953, 1964, 1969, 1970 et 1977.

Est-ce que les variations des chiffres sont en rapport avec des événements précis que les gens qui travaillaient alors auraient pu observer ?

Sait-on ce qui a motivé la disparition de la publication des chiffres, et dans quel contexte cette décison a été prise ?

_________________
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 28 Avr 2011 - 4:41

Bonsoir,
Les chiffres communiqués ne soulevaient pas de problème à l'époque car le suicide n'était pas abordé comme un problème "collectif". Ce qui était bien perçu, c'est que l'arme de service était un moyen radical et imparable.
Pour un gendarme doté d'une arme, la tentative avec un autre moyen avait donc bien le sens d'un signal, d'un appel au secours.
Personnellement, j'ai connu quelques cas de militaires ou de policiers s'étant suicidés. Généralement, il s'agissait de situations bien personnelles avec des causes principales extérieures au travail. Le profil principal étant bien souvent, comme pour de nombreux cas rencontrés dans des enquêtes, l'importance de l'alcool.
Un cas que j'ai observé de très près, était celui d'un gradé qui avait progressivement privilégié son plaisir avec de nombreux abus jusqu'à ce que tout explose : les enfants qui commencent à faire des c....es, l'épouse qui prend sa valise, l'état physique dégradé et enfin les ennuis avec le commandement. C'était un gars qui avait tout pour réussir mais qui a tout détruit de lui-même, jusqu'au passage à l'acte.
Il faut bien voir que jusqu'en 1989, la circulation des informations entre les unités gendarmerie dépendait du bouche à oreille ou de la communication officielle assez limitée.
La répartition des suicides sur le territoire national ne permet pas de rattacher les données à des évènements marquants car on peut noter que par année, il n'y a pas toujours "1" fait en moyenne par département.
Dans les périodes les plus troublées : Algérie, 1968, le taux de suicides est inférieur à la moyenne national.
L'éparpillement et le morcellement des unités excluent une concentration due à un phénomène de masse.
J'ai connu le cas d'unités où il y avait une véritable "tyrannie" du commandement, qui ferait probablement l'objet de poursuites judiciaires aujourd'hui, jamais il n'y a eu de suicide.
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 28 Avr 2011 - 6:44

J'ai vu quelque part les chiffres jusqu'à 2009.
Sûrement ici d'ailleurs.



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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 28 Avr 2011 - 10:26

Cette nuit un collègue du commissariat de Brest, s'est donné la mort avec son arme, hors service, il était marié et papa de 2 enfants !
Une pensée pour tous ceux qu'ils laissent dans une trés grande tristesse !

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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 28 Avr 2011 - 14:04

Je n'étais pas intervenu sur ce sujet depuis un bon bout de temps, et je constate malheureusement qu'il est toujours alimenté... de chiffres... d'études comparatives... et de considérations diverses selon qu'elles viennent de la hiérarchie ou des personnels confrontés à ces situations dramatiques.

Les causes de cet acte lourd et irréversibles sont certes multiples, et largement comparables à celles qui motivent les actes de suicide en secteur civil ou privé.

Par contre comme je l'ai déjà dit, en Gendarmerie le fait de vivre en permanence sur son lieu d'emploi, au contact quasi direct et "permanent" avec ses pairs, ses supérieurs et leurs familles, induit un prolongement du climat professionnel au sein de la cellule familiale, ce qui n'est pas le cas en secteur civil...

De ce fait, un problème qui murit et dont l'origine peut être d'ordre familiale ou professionnel, finit indéniablement par se fondre sur le comportement au travail comme au foyer. Et au cours de la "descente aux enfers" vécu par celui qui en arrive à se supprimer, "PERSONNE" ne peut nier que les conditions de travail quelles qu'elles soient, n'influent pas sur la profonde dépression qui mène à ce geste funeste...

Ce fait établi n'est cependant pas forcément à mettre au compte de la hiérarchie, laquelle se désigne pourtant maladroitement comme "responsable" en ne le reconnaissant pas, préférant déclarer la plupart du temps que l'acte du désespéré n'a aucune relation avec le service... ce que nous savons tous "évidemment faux" en grande partie...

Le pire, c'est que les proches de celui qui a choisi de partir ainsi se retrouvent pratiquement dans chaque cas totalement seuls et dépourvus de soutien face à la froideur administrative de notre institution, et c'est cela que je déplore le plus. Déjà qu'en cas ou cela est reconnu dû au service (ce qui est très rare...), le soutien psychologique apporté aux proches et camarades de service est quasi inexistant, inutile de vous dire que lorsque l'acte fatal est attribué à des difficultés d'ordre privé, de soutien il n'y en a point !

Désolé d'avoir été long, mais il y aurait tellement à dire et à faire avant qu'on perçoive un "sans-blanc" de compassion et de prise de conscience de tous ceux qui nous commandent ou nous dirigent...

Je suis une fois de plus désolé pour ton collègue "Djack", et te dire que je compatis et m'associe très sincèrement à la douleur de sa famille et de ceux qui restent, ne les aidera malheureusement pas beaucoup, mais si tu peux le leur dire pour moi ce sera déjà ça...
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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Mer 5 Oct 2011 - 8:54

Un article sur le harcèlement à la RATP : http://journal.liberation.fr/publication/liberation/735/#!/0_34

4 10 2011

RATP La déprime des gros bras


Par MATHIEU PALAIN

Crises d’angoisse, dépressions, suicides… Un nombre croissant d’agents de sécurité du métro parisien craquent, victimes du harcèlement de leurs chefs. La régie assure être à l’écoute de ses salariés.

Stéphane Paris, 43 ans, une gueule taillée à la serpe et des épaules de catcheur, est agent de sécurité à la RATP depuis 1998. «Je suis au bout du rouleau», nous lâche-t-il début septembre, devant son café serré, porte de Saint-Cloud à Paris. En sortant, il poste une lettre à sa direction dans laquelle il réclame la fin de «la violence psychologique récurrente qui [le] met en péril». Quelques jours plus tard, chez lui, il avale la pharmacie. Transporté en urgence à la Pitié-Salpêtrière, il se repose depuis en psychiatrie. Stéphane est le dernier craquage en date d’une longue série parmi les agents de sécurité de la régie parisienne.

Son histoire, c’est Mehdi (1), son collègue du service de sécurité (SEC) qui la raconte le mieux, sans doute parce qu’elle ressemble à la sienne. Pendant des années, Mehdi fait figure d’employé modèle, bien noté, et jamais en retard. Jusqu’à ce jour de septembre 2009 où, au volant de sa voiture, il est percuté par un camion. Après trois mois de convalescence, son médecin estime qu’il ne peut encore reprendre le travail. Mais le service médical de la RATP le presse, et sa direction décide de lui verser, en lieu et place de son salaire, 1 300 euros par mois en avance de caisse. «Mes chefs se foutent de savoir si mes deux enfants ont à bouffer et se moquent des 8 000 euros de découvert à la banque et des lettres de saisie de la maison.» Mehdi craque en juin 2010. Interné dix-sept jours en clinique psychiatrique pour dépression grave, il découvre à sa sortie que la RATP le reconnaît enfin en arrêt maladie. Son salaire tombe de nouveau, mais amputé chaque mois de 400 euros de remboursement des avances de caisse. Depuis, Mehdi ressasse ses idées noires devant la télé qu’il regarde sans envie. «C’est très dur, je suis devenu agoraphobe, et ça tue mon couple. Mes enfants me disent : "Papa, pourquoi tu as changé ?"» En juillet, le psy de la RATP estimait qu’«il est encore impossible de déterminer une date de reprise de travail».

Des salariés «privilégiés»

Zoheir Bounéniamine (1), qui travaille lui aussi à la SEC, depuis 1991, a mis ses «envies d’en finir» à exécution au printemps. L’homme à queue-de-cheval se souvient de ces dix ans où il allait «en courant» à son boulot de formateur. En 2001, il hérite d’un nouveau chef, et les ennuis commencent. Son collègue Serge Graff se souvient : «Nous sortions d’une heure de footing et de deux heures de formation au maniement de l’arme. M. Bounéniamine, notre instructeur, voulait nous laisser cinq minutes de rab sur les vingt minutes de déjeuner. C’est là que le chef est entré, et, devant tout le monde, lui a gueulé dessus : "Fais ton taf, c’est vingt minutes et pas une de plus. Je te sanctionnerais si tu ne suis pas les consignes !"» Les humiliations se multiplient. En 2004, Zoheir engage une procédure devant les prud’hommes pour harcèlement moral. Un matin de 2005, son supérieur l’accueille par une clé de bras qui l’envoie en arrêt maladie. A son retour, rien n’a changé au département sécurité, et ce sportif aux nerfs solides découvre la spirale de la dépression, des congés maladie et des périodes sans salaire. Il demande à être muté dans une autre unité. «Ils m’ont proposé balayeur, ce que j’estime dégradant au vu de mon expérience. J’ai refusé. On m’a alors promis un poste. J’attends toujours.» Entre-temps, Zoheir a craqué pour de bon. Le 11 mars, quelques jours après avoir posté une énième lettre à sa direction, il a repris le chemin de Lyon-Bercy, foncé aux toilettes, et s’est ouvert les veines.

C’est Francine (1), agent de station alors en stage de «gestion du stress», qui l’a découvert :«Quand j’ai ouvert la porte, il est tombé à mes pieds, inanimé. Il saignait abondamment.» Transporté à Sainte-Anne, Zoheir s’en tire avec des bleus à l’âme. «On nous répète qu’il faut arrêter de vivre dans le monde des Bisounours, qu’on est des privilégiés, que dehors c’est la crise, et qu’on devrait déjà être heureux d’avoir un emploi, rapporte Francine, forte de ses vingt ans de boîte. Il y a toujours une meute de chéfaillons prête à vous beugler des réflexions. Et quand vous gênez trop, on vous met au placard. C’est ce qui est arrivé à M. Bounéniamine. Après, on nous dit que s’il n’est plus au contact du public, c’est pour son bien. La vérité ? Ils se moquent de l’humain.»

La SEC - 1 200 agents - est un des secteurs les plus stressants de la RATP. Faire la sécurité, c’est arpenter le métro parisien l’esprit en alerte, prêt à courir après des délinquants dans les souterrains, à négocier calmement avec des durs, et à affronter, parfois, la lame d’un couteau. «C’est le métier, ça. Les racailles, on les connaît, ça se passe bien avec elles. Ce sont nos chefs qui nous font peur», raconte un des gros bras de l’entreprise.

Demandes d’attention

Combien de dépressions et de suicides «ratés» ou «réussis» dans les rangs de la sécurité ?«Il y a une très nette augmentation des accidents du travail pour "choc psychologique au travail"», constate Françoise Jeannes, médecin de la RATP. Même diagnostic pour Patrick Bertoncelli, président de l’Association des victimes de harcèlement au travail, qui se dit «très souvent appelé par le personnel de la RATP, toutes catégories confondues».«J’ai même eu un médecin du travail en détresse de la régie. Il n’en pouvait plus de la pression folle que l’entreprise lui met sur les épaules à chaque fois qu’il reçoit des personnes en souffrance.» La régie, elle, ne publie aucun chiffre, invoquant le secret médical. «Les histoires, on les apprend par "radio tunnel"», dit Francine. Celle de Gabriel, agent de station, c’est en ouvrant le Parisien que ses collègues l’ont découverte. «Je n’arrive pas à tenir. Je n’ai plus la force de me battre face aux injustices. C’est leur objectif depuis bien longtemps de me virer.» Voilà le message laissé par Gabriel, sur son répondeur, le 16 juin 2010, avant de se tirer une balle dans le ventre. Selon Michel Fayolle, délégué général de SUD cité par le quotidien, Gabriel souffrait de harcèlement : «On l’infantilisait, on lui faisait des reproches pour des détails. Récemment, il était passé en conseil de discipline pour "abandon de poste" alors qu’il était seulement sorti prendre l’air pendant une crise d’angoisse.»

Chez les gros bras de la régie, l’alarme a pourtant été tirée depuis longtemps. En mai 2005, six médecins de la RATP soulignaient déjà que «la décomposition psychique des agents du département sécurité engendre des risques auto ou hétéro agressifs en l’absence d’une réponse adaptée de la direction». Françoise Jeannes faisait partie des signataires. «Nous avions transmis notre lettre à l’ancien directeur du département. Je ne pense pas qu’il s’en foutait, mais il était ailleurs, trop préoccupé par le risque de menace terroriste. Son angoisse était de devoir affronter un nouvel attentat, comme celui de la station Saint-Michel, en 1995.»

Ce même mois, le cabinet Emergences publiait un rapport d’expertise sur le SEC, aux conclusions affligeantes : «Au cours de nos entretiens avec les agents, un certain nombre témoigne d’une grande souffrance psychique. Les faits attestent de pratiques de maltraitance managériale, voire de harcèlement moral.» Les rapporteurs citent un agent : «J’ai des crises d’angoisse, des crises de tremblement et de tétanie.» Un autre : «Après les séances de sport, je prenais une douche, et la direction entrait, hurlait dans les vestiaires alors que j’étais nu. On nous prend le bras, on nous regarde. J’ai pas 12 ans, j’ai une pudeur, une fierté.» Pour les rapporteurs, le mal-être découle des «dysfonctionnements de l’organisation et d’une rigidité dans les méthodes d’encadrement». Il convient de «reconnaître les souffrances».En clair, crever l’abcès. En juin 2007, la région Ile-de-France s’alarmait à son tour dans une lettre adressée au PDG de la RATP, Pierre Mongin : «Vous connaissez les faits graves dont certains sont victimes (harcèlement, discrimination et parfois même violence physique). Ces faits sont avérés et ont été en partie reconnus par la justice. Malgré cela, il semble que la situation ne se soit pas améliorée. Bien au contraire.»

Pascal Halko, chargé des relations presse à la RATP, rétorque que d’«importantes mesures ont été prises depuis». Et d’énumérer les «dispositifs accessibles aux employés désespérés : demande d’attention, alarme sociale, cellule d’assistance des risques psychosociaux…» La régie n’évoquera pas le sort de Stéphane, Mehdi, Zoheir ou Gabriel, se refusant à «entrer dans les cas particuliers». Elle assure que «le moindre signal d’alerte» est pris en compte, et que tout le personnel encadrant a reçu une formation juridique à «la gestion des conflits, du harcèlement et de la discrimination en entreprise». Pascal Halko s’en félicite : «Sans fanfaronner, la RATP est une entreprise qui fait plutôt figure de bon élève sur la prévention des risques psychologiques.»

Des agresseurs impunis

Quid des sanctions contre les personnes impliquées dans les harcèlements ? Les victimes dénoncent leur impunité. Alors même que le harcèlement moral est reconnu par le droit français comme une faute justifiant le licenciement, il arrive que les agresseurs poursuivent leur carrière et leurs agissements. Ainsi, dans l’affaire Zoheir, c’est la RATP seule qui a été condamnée à lui verser 25 000 euros de dommages et intérêts par la cour d’appel de Paris.

William Voisin, agent de sécurité depuis 1994, a été plusieurs fois victime de harcèlement et a gagné de multiples procès contre son employeur au fil des dix dernières années. Lui qui a consacré une pièce entière de son appartement aux archives des diverses actions intentées en justice, redoute le pire : «La RATP arme des dépressifs qui ruminent des idées de suicide du matin au soir.» Dans sa dernière lettre, Zoheir écrivait : «Non contents de m’avoir poussé au suicide, vous continuez à me stresser davantage. Si vous êtes pressés de me voir en finir, donnez-moi mon arme de service et je vous jure que cela ira encore plus vite.»

(1) Les prénoms ont été modifiés.

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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Mer 5 Oct 2011 - 10:18



Ce qui est décrit ci-dessus, se passe également en gendarmerie, avec une seule différence :

Les "affaires" ne sortent jamais du cadre de l'institution, tout se règle dans les "murs"

La chape de plomb tombe sur les tentatives de suicides, les suicides.

Quant au harcèlement, ça n'existe pas en gendarmerie.

La gendarmerie est certainement la seule entreprise en France, où la hiérarchie est tellement compétente, qu'elle a réussit à élimer ce fléau national.

On ne peut pas dire la même chose pour les ressources humaines, en gendarmerie, ils ne prennent que des dépressifs.





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MessageSujet: Re: SUICIDES ? PARLONS- EN !   Jeu 5 Jan 2012 - 13:44

Deux ans déjà depuis la parution du post ci-dessous reproduit... Deux ans que d'autres sujets ont été ouverts sur ce sujet dramatique sans aucune réaction de nos décideurs, et au final... quoi de nouveau aujourd'hui ? ? ?

Parmi les derniers sujets similaires en date, celui ouvert et animé fut un temps par "Wagram", lequel nous a fait connaitre la création de son "collectif"... Peu de nouvelles depuis...

Je fais un "up" de ce sujet pour rappeler les actions déjà menées et restées sans retour, ainsi que celles qui se poursuivent, notamment dans chaque nouvelle revue de l' A.G & C, où ce sujet est rappelé chaque mois.

Prenez le temps de relire ce topic depuis le jour de sa création (oui je sais, 11 pages... pffffouffff...), et vous pourrez constater que les propos sont exactement les mêmes à l'heure actuelle et qu'on a rien inventé de nouveau depuis, qu'en clair, on a absolument pas avancé d'un pouce.

Le gouvernement n'a visiblement aujourd'hui toujours pas pris en considération ce problème existant au sein de ses serviteurs, et sans une poursuite réelle des actions déjà menées, des écrits relatant des situations cachées à toutes et tous, il y a peu de chance que les choses évoluent.



D'Artagnan Berrichon a écrit:
Voici la réponse faite au Lieutenant Colonel VAGNIER, spécialiste "es-suicides" en Gendarmerie, suite à ses déclarations dans le Journal OUEST-FRANCE :

Pour mémoire : http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Deux-gendarmes-suicides-Pas-d-amalgame-_-1091560------49007-aud_actu.Htm

Suite au propos tenus par le Lieutenant Colonel
Rémi VAGNIER, devant Madame Claudine QUIBLIER pour le Journal « OUEST-France », l’Association Gendarmes & Citoyens a décidé d’user de son droit de réponse, pour informer « plus objectivement » le lecteur.

Nous apprenons lors de cette interview, que le Lieutenant Colonel VAGNIER a siégé jusqu’en 2008 à la Commission Nationale de Prévention du Suicide dans la Gendarmerie, ce qui le positionne comme expert en la matière…
Il déclare en effet : …………………………………………………………………………………………..

- Que la Gendarmerie se situe au même niveau en la matière, que l’ensemble de la population Française avec quelques 30 cas recensés par ans, sur les 100.000 hommes qui la composent.

- Que ce qui distingue la Gendarmerie par rapport aux autres catégories de citoyens, c’est que ces 30 suicides sont majoritairement perpétrés avec l’arme de service du désespéré.

- Que le travail est « totalement étranger » au geste commis dans le dernier cas, que l’ambiance était saine au sein de cette unité, où tous s’entendaient apparemment à ravir…

- Que si le moral des Gendarmes est encore aujourd’hui « morose », le malaise affiché en 2001 est aujourd’hui « réglé », et que l’inquiétude liée au placement sous l’autorité du ministère de l’intérieur est derrière eux, et qu’ils ont semble t-il compris que leurs craintes étaient « irraisonnées »…

De telles déclarations, pour rassurantes qu’elles se veulent, ne reflètent cependant pas la réalité…

Ainsi, l’Association Gendarmes & Citoyens s’étant donnée pour mission, de refléter sans distorsion le ressenti des Gendarmes de terrain, vis-à-vis des Citoyens desquels ils sont au service, se doit d’apporter quelques éclaircissements sur les allégations de « Monsieur VAGNIER ».

Nous affirmons pour notre part ce qui suit, libre au Colonel VAGNIER DE NOUS PROUVER LE CONTRAIRE : ……………………

- Si la Gendarmerie enregistre officiellement en moyenne 30 cas de suicides par an, il ne s’agit là que des cas qui n’ont pu être cachés aux médias, car perpétrés dans les locaux de service des unités, quand ce n’est pas carrément sur la voie publique (au moins deux cas cette année)… Et n’en déplaise à cet Officier, même minimisé, ce chiffre atteste qu’on se suicide quand même près de trois fois plus chez nous que dans le civil…

- Nombre d’actes d’autolyses annuelles ne sont pas recensés dans les communiqués officiels, car commis au domicile du Gendarme, et de ce fait assimilés au milieu « privé », ce qui arrange bien les statistiques, car là, on pourrait pratiquement multiplier par trois le chiffre officiel…

- Le malaise est tel aujourd’hui, que ceux qui passent à l’acte n’hésitent pas à attenter à la vie de ceux qu’ils jugent responsables de leur désespoir, avant de retourner leur arme pour en finir…

- L’ambiance à l’unité qui a vu un de ses personnels tirer sur un Lieutenant, avant de retourner l’arme contre lui, était loin d’être aussi paradisiaque qu’il le dit… Le Lieutenant Colonel VAGNIER était-il seulement allé dans cette unité avant le drame ?... Un des gradés de CHATEAU GONTIER avait pourtant déjà tiré la sonnette d’alarme avant les faits, sans réaction aucune de la hiérarchie supérieure…

Et nous ajouterons que la Gendarmerie est une des seules Institutions Françaises, où ses personnels vivent avec leur famille, en permanence sur le lieu de leur travail. De ce fait, l’origine d’un acte suicidaire est forcément intimement liée aux conditions d’emploi, et ce, même si Monsieur VAGNIER déclare « qu’il ne faut absolument pas faire d’amalgame… »

La haute hiérarchie peut s’en défendre tant qu’elle veut, il n’en demeure pas moins que les nouvelles réorganisations du maillage territorial, les méthodes actuelles de commandement, le climat de pression et de course aux résultats induit par une Politique aveugle et méprisante, font que le réel taux des suicidés en Gendarmerie est très largement supérieur à celui qu’elle communique officiellement chaque année.

Il est à craindre également que le rapport sur le moral que rédige le Lieutenant Colonel VAGNIER, se veuille être comme d’autres, uniquement le reflet du sien et non celui de ceux qu’il commande, à moins qu’il ne sache pas lire ceux qui lui sont transmis localement…

De même, en matière d’assistance psychologique mise en place suite à des situations aussi traumatisantes pour tout l’entourage des malheureux, le Lieutenant Colonel VAGNIER déclare fièrement : « Nous sommes d'ailleurs en train de redynamiser notre dispositif de soutien psychologique (il serait grand temps !)… un psychologue-clinicien va être recruté d'ici trois ans (est-il seulement déjà né ?...)… nous réfléchissons à des solutions complémentaires en matière de gestion du stress et de prévention des actes auto-agressifs (heureusement que la réflexion n’est pas chiffrable…)... par une pratique encadrée de la sophrologie (pourquoi pas le yoga, ou le tricot ?…) … ou par le recrutement de psychologues cliniciens à temps partiel … qui pourraient être des Officiers réservistes (on se doute déjà de l’orientation qui sera celle de la retraite de notre Cher Officier…)… »

On peut réellement se demander ce qu’il faisait dans la commission d’où il vient, car visiblement celle-ci n’a pas su, malgré son impulsion personnelle et depuis le temps qu’il y travaillait, dynamiser le dispositif de soutien psychologique existant… Ceci dit, Le Lieutenant Colonel VAGNIER à bon espoir d’être entendu aujourd’hui… Doit-on s’en rassurer ? Il est permis d’en douter…

En attendant, les intéressés n’ont rien vu venir et attendent toujours ce fameux soutien psychologique. Il ne suffit pas d’envoyer deux personnes mandatées pour poser de « rassurantes » questions aux survivants, pour que ceux-ci se sentent définitivement compris et secourus…

Quoi qu’il en soit, l’ Association Gendarmes & Citoyens estime que les déclarations du Lieutenant Colonel VAGNIER, outre le fait qu’elles n’engagent que lui, sont outrageantes pour les familles et les proches de l’ensemble des malheureux qui ont eu recours à cet acte désespéré. Elle sont également méprisantes vis-à-vis des hommes dont il a malheureusement aujourd’hui le commandement.

Avec tout le respect que nous vous devons Mon Colonel, nous sommes et restons persuadés que les familles, les proches et les collègues des malheureux que vous ne savez visiblement qu’inclure savamment à vos statistiques, préféreraient le silence d’un respect hypocrite à de telles allégations… Au moins, les dirigeants de France-Télécom s’en sont abstenus eux !
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